Les dossiers Daesh/#Syrie sont liés, Poutine en ajoute un troisième: l’Ukraine. La conférence de Paris sur l’Ukraine s’est terminée sur des propositions vagues et générales. On a essayé de déconnecter le dossier syrien de celui de l’Ukraine. Cette déconnexion est un échec pour le couple Merkel/Hollande car pour Poutine les trois dossiers Daesh, Syrie et Ukraine sont unis. Après avoir annexé la Crimée sans que l’Occident ne dise mot et ne bouge sur le plan militaire, Poutine et la Russie ont fait l’objet d’embargo économique. La guerre en Syrie permet en « Tsar russe » de revenir à la table des négociations en maître du jeu. Les intentions de Poutine sont claires : protéger Bachar et son régime dictatorial pour sauver ses intérêts en Syrie et au Moyen-Orient car Poutine s’appuie sur un nouvel allié, l’Iran, pour dessiner une nouvelle carte du Moyen-Orient au moment où l’Amérique, affaiblie en Irak et en Afghanistan, cherche une porte de sortie honorable vis-à-vis des monarchies pétrolières sunnites du Golfe. Obama arrive en fin de mandat, ce qui neutralise son action politique éventuelle dans ce domaine, malgré le toast à Poutine aux Etats-Unis.

 

Le conflit contre Daesh est confessionnel et oppose les musulmans sunnites et chiites.

 

La confrontation en Syrie est confessionnelle. La plupart des monarchies ont financé Daesh et les troupes sunnites d’Irak, celles de Saddam Hussein, apportent leur savoir-faire et leur organisation à Daesh. La plupart des commentateurs de la vie politique internationale à travers les médias (RTL, Europe 1, etc.) le disent abondamment. Poutine est le bouclier naturel du régime militaire et chiite de Bachar Al Assad, ce qui justifie l’entente des troupes russes sur le terrain avec l’Iran chiite et le Hezbollah chiite libanais. Nous sommes dans un jeu clair pour Poutine car, en revenant au Moyen-Orient, il est pour l’Occident le trouble-fête, un Occident impuissant qui n’arrive pas à mettre en place une stratégie évidente pour, soit négocier avec Bachar contre Daesh, soit écarter Bachar et attaquer directement Daesh. La France semble isolée sur ce dossier, alors que Merkel et Obama sont prêts à considérer l’option Bachar Al Assad dans l’analyse du problème et de la solution.  L’intrusion de Poutine au Moyen-Orient rebat les cartes. La coalition américano-européenne accuse Poutine de ne pas bombarder Daesh mais de s’attaquer aux rebelles et aux révolutionnaires qui luttent contre Bachar. Ces allégations sont réfutées par Poutine et une espèce de guerre froide des communiqués s’installe au Moyen-Orient. Il faut prier le ciel que des avions russes et ceux de l’alliance ne se tirent pas dessus parce qu’ils ne se seraient pas concertés auparavant.

 

Poutine a des options claires au Moyen-Orient, ce qui ne semble pas être le cas pour la coalition américano-européenne. La France a bombardé Daesh pour se démarquer de ses partenaires.

 

Poutine sait où il va, il veut démontrer au reste du monde que l’Occident se nourrit de belles paroles alors que lui est sur le terrain, prêt à en découdre. En agissant ainsi, Poutine veut faire oublier le dossier ukrainien dans lequel il est l’accusé numéro 1. En allant plus loin, Poutine veut obliger la communauté internationale  à lever l’embargo concernant la Russie au moment où le rouble perd de sa valeur (environ 40%) par rapport aux monnaies occidentales et le pétrole est payé à la moitié de son prix sur les marchés internationaux. En endossant les habits de « Zorro international et moyen-oriental », Poutine veut montrer à l’Occident que la solution au problème syrien passe par lui.

 

Attendons de voir l’évolution des évènements pour dire si la stratégie « poutinienne » est gagnante ou non. Bouclier de Bachar, c’est vrai, trouble-fête dans la stratégie occidentale c’est encore vrai, mais Poutine a-t-il les moyens avec ses alliés chiites de se débarrasser de Daesh qui contrôle une partie des territoires syriens et irakiens ? #Etat Islamique #Vladimir Poutine