Depuis très longtemps sur ces pages de Blastingnews, nous avons dénoncé de manière implicite ou explicite les ingérences de la politique française dans la vie politique et économique des pays africains et dans celle du Congo-Brazzaville. Le Président Hollande, au cours d’une conférence, en reconnaissant au Président Sassou, et conformément à la Constitution du Congo-Brazzaville, le droit d’organiser le référendum et de favoriser la transparence du vote et l’apaisement des populations et des partis politiques, montre sa capacité d’homme d’Etat capable de regarder le pré-carré africain francophone, non sous l’angle du paternalisme et de l’émotion, mais bien sur celui de la géopolitique et des intérêts français bien compris, comme l’avait dit le Général De Gaulle en d’autres temps avant l’indépendance des pays africains. Faisons confiance à Hollande sans perdre le regard vigilant et critique de ce qui va advenir après le 25 octobre 2015.

 

Nous ne sommes ni pour le Président Sassou, et encore moins contre le Président Sassou, c’est le Président du Congo et nous le considérons comme acteur de la vie politique qui est en congruence positive ou négative avec son pays, les forces d’opposition, les dirigeants des partis politiques et sa propre majorité. Nos « déclamations », depuis fort longtemps, pour la capacité des Congolais à s’assumer en tant que peuple majeur, concerne le droit légitime des peuples africains colonisés par la France et qui doivent s’émanciper. Denis Sassou Nguesso n’a pas imposé un bras de fer à Hollande, il lui a simplement expliqué la nécessité pour le peuple congolais de s’émanciper, de régler ses problèmes en tant qu’Etre politique majeur.

 

Une partie de l’opposition congolaise, infantilisée ou non, est déçue par la déclaration récente de neutralité et de non intervention de Hollande, en dépit de son discours de Dakar (francophonie) au cours duquel il avait déclaré à la manière d’Obama que l’alternance politique était devenue un élément indispensable ; force est de constater que cette opposition, qui avait cru recevoir une promesse de Hollande, critique sa position actuelle. Cette opposition doit savoir : en politique comme en amour, les paroles n’engagent que ceux qui les reçoivent et non ceux qui les tiennent. Le Président Sassou aurait pu passer en force. Déjà dans les années 1990, il avait refusé de le faire, et, après la conférence nationale, il a assumé tous les crimes commis au Congo jusqu’à cette date par tous les acteurs de la vie politique congolaise. Aujourd’hui, Sassou ouvre une nouvelle page, celle de la sédimentation des comportements démocratiques au Congo-Brazzaville. Soit les Congolais sont majeurs et s’assument en tant que tels, malgré les dérapages et vicissitudes politiques, soit ils sont mineurs et continuent de critiquer la France tout en lui reconnaissant le rôle de père pour régler les problèmes, comme peuvent le faire des adolescents qui veulent s’émanciper.

 

Sassou demande au peuple de se prononcer sur l’évolution des institutions. Une série de réformes sont actées dans cette nouvelle constitution (décentralisation, parité hommes/femmes, prise en compte de la jeunesse, etc.). Le même Sassou n’a pas dit s’il se présentait ou non à l’élection de juillet 2016. Que l’opposition s’oppose, c’est normal, mais qu’elle le fasse de façon non violente et surtout qu’elle consacre du temps à avoir un projet, un programme politique et des leaders crédibles. Comment, au nom de l’analyse politique et de la conviction démocratique, peut-on se dire opposant de Sassou alors qu’un certain nombre des membres de l’opposition lui doivent leur fortune et leur aura positionnelle. Sassou a enrichi des membres éminents de l’opposition. Ces mêmes membres, non reconduits aux affaires, deviennent des opposants. Voilà ce que, en homme d’Etat, Hollande a compris de la situation politique du Congo et des turpitudes de ses acteurs qui deviennent opposants au fil des événements tout en parlant au nom du peuple.  #François Hollande #Président de la République #Afrique