La Russie bombarde Daesh à la demande de son allié Bachar al-Assad depuis une semaine. Oui mais est-ce vraiment le cas ?

En fait, Vladimir Poutine fait bombarder les partisans d'al Nostra, une branche islamique radicale affiliée à Al-Qaïda située dans le nord -est de la Syrie, au lieu de s'attaquer à ce que les occidentaux s'acharnent à pilonner : l’État Islamique (EI).

Pourquoi ce revirement de situation ?

Et bien tout d'abord parce que le président russe n'avait aucunement l'intention de commencer par faire la guerre à l'EI. Ça c'est de la naïveté occidentale.

En effet, al-Nostra représente pour Bachar al-Assad un enjeu important puisque le groupe est présent vers les côtes méditerranéennes ce qui pourrait condamner ce qui reste de son pays à l'enclavement et il est l'allié des russes ce qui expliquent en partie leur aide sur ce côté là.

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Deuxièmement, Vladimir Poutine a déjà des bateaux militaires dans le port syrien de Trous, donc dans la région habitée par le front al-Nostra, il préfère donc sécuriser ses propres navires avant d'éventuellement attaquer les djihadistes de l'EI.

D'ailleurs, les russes ont mis au point un système d'anti-radar leur permettant de passer tout prêt des portes-avions américains sans se faire désactiver. C’est-à-dire qu'ils peuvent attaquer la marine américaines sans que les défenses automatiques puissent faire quoi que ce soit (c'est ce qu'ils se sont amusé à faire en frôlant, sans autorisation bien sûr, à plusieurs reprises un porte-avion des USA).

Troisièmement parce que les deux groupes radicaux, bien qu’adversaires, sont tout aussi dangereux l'un que l'autre même si les médias européens ne parlent que de l'EI.

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Sûrement parce qu'al-Nostra est financé par l'#Arabie Saoudite qui est l'alliée des USA et des pays européens…

Mais alors viendra t-on un jour à bout de Daesh ?

Un jour peut-être mais pas dans un avenir proche. Sa présence sert les intérêts de plusieurs pays, à commencer par la Turquie d'Erdogan.

Effectivement ce sont majoritairement les kurdes qui combattent l'EI et ceux-ci veulent créer un Kurdistan pour s'unifier car ils sont répartis sur plusieurs pays (Turquie, Syrie, Irak notamment) et discriminer car minoritaires. Mais si ce projet se réalise, un tiers de la Turquie sera intégrer au Kurdistan et donc les ressources naturelles aussi. C'est pour cela qu' Erdogan n'arme pas les kurdes pour éviter d'une part qu'après le conflit avec Daesh ses propres armes ne se retournent contre lui, et d'autre part pour « occuper »les kurdes et les affaiblir.

Deuxièmement, l'Arabie Saoudite (encore elle). En effet Bachar al-Assad est alaouite, c’est-à-dire chiite. En opposition avec cette interprétation de l'islam, les saoudiens sont sunnites.

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S'ils veulent briser l'arc chiite représenté par l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Liban, ils doivent détruire le régime des al-Assad sinon l'affaiblir au possible. Ce qui est entrain d'être fait par l'EI qui occupe un peu plus de la moitié de la Syrie (et qui est un groupe sunnite… comme l'Arabie Saoudite si vous avez suivi).

Sunnisme, chiisme… Quesaco ?

A la mort du prophète Mahomet en 632 après Jésus Christ, la question de sa succession se pose puisqu'il n'a eu que des filles. Certains pensent que c'est son gendre et fils spirituel Ali qui doit devenir calife (chiisme) et d'autres pensent que ce sont les anciens qui doivent désigner le digne successeur (sunnisme). En plus de cette distinction fondamentale pour les musulmans, s'ajoute des écoles d’interprétation dans chacun des deux courants : hanafite , malikite, shafiite, hanbalite (Arabie-Saoudite) pour le sunnisme ; jafarite, duodécimain, ismaelite et zaïdisme pour le chiisme.

Depuis l'an 632, une lutte constante a lieu entre eux (et on ne tient pas compte du troisième courant : le salafisme)

 

 

  #Russie #Etat Islamique