Récemment le général américain John Campbell a déclaré à propos de l'Afghanistan qu'il ne faudrait partir que lorsqu'il y aurait une armée solide en place. Oui, mais quand ? Aucune date ne peut être actée, surtout quand on sait que les USA ont déjà dépensé des milliards dans la formation et le matériel de l'armée afghane, et que les résultats ne sont pas au rendez-vous : des talibans ont pris la ville de Kunduz, à leur arrivée les soldats afghans ont pris la fuite en abandonnant leur matériel (armes, munitions…). Il ne s'agit manifestement pas d'une armée « solide ».

Pour aller plus loin que les objectifs

Depuis les attentas du 11 septembre 2001, des forces armées internationales interviennent régulièrement au Moyen-Orient : Afghanistan, Irak puis Syrie.

Publicité
Publicité

Au-delà même du bien fondé (ou non) de ces guerres, se pose la question de la durée. En effet n'oublions pas que ces pays n'ont pas attendu d'avoir ces conflits pour construire leur histoire. Ils avaient même une autonomie de gestion sur tous les plans : politique, économie, social, juridique.

A force d'envoyer des soldats combattre des ennemis toujours plus aptes militairement parlant et toujours plus difficile à débusquer car parmi les civils, la question de la durée de ces interventions doit être posée un moment donné.

Par ailleurs, mettons nous quelques instants seulement à la place de toutes ces populations civiles : avant des groupes rebelles qui les martyrisent, après des armées étrangères qui occupent leur pays et des groupes rebelles qui continuent d'exister.

Bien évidemment il n'est pas question ici de remettre en cause le travail des soldats qui font ces interventions, mais juste d'aborder un autre point de vue que celui de « nous sommes les gentils pacificateurs qui réglons tous les problèmes du monde ».

Publicité

C'est volontairement naïf, mais vous aurez compris de quoi il retourne.

Que dirions nous si demain les américains, les anglais et les allemands venaient en France pour mettre fin aux filières djihadistes, et qu'au bout de 8-10 ans de guerre rien ne serait réglé (avec les dommages des affrontements en plus) ?

D'un autre côté on comprend aussi qu'aucune armée ne peut pas prévoir de rester X années, et qu'au bout de cette période, que le conflit soit résolu ou pas, elle rentre chez elle. Si on intervient militairement quelque part, on ne s'en va que quand on a fait ce pourquoi on est venu. Cela paraît logique.

Pourtant une solution intermédiaire doit être envisagée. Pourquoi pas mettre en place un régime politique élu par le peuple dont les conditions d'élection seraient surveillées par des instances internationales, et former d'un côté le nouveau gouvernement à diriger correctement le pays et former l'armée de l'autre ? Bien entendu, tout ceci se ferait sur la base d'un calendrier établit en accord avec le parti nouvellement au pouvoir, dont on aura pris soin de définir une date d'élection.

Publicité

Donc définir des objectifs c'est bien, établir un planning c'est mieux.

Une idée qui ne serait certainement pas respectée…

Souvenez-vous, lorsque les américains décident d'intervenir en Afghanistan, ils ne mettent que quelques jours pour détruire les bases d'Al-Qaïda et s'emparer de Kaboul. Il restent pour « s' assurer de la reconstruction d'une nation ». Je ne suis pas spécialiste de ce genre de reconstruction mais 14 ans c'est quand même un peu long… Il est donc probable que l'armée américaine reste pour d'autres raisons comme le pétrole ou la construction d'une nation qui leur soit plus favorable que la précédente. C'est sans doute aussi le cas  pour l'Irak...

 

 

  #Union Européenne #Etats-Unis #Etat Islamique