Indirectement #Nicolas Sarkozy pense que les Français ont élu François Hollande sur une erreur de jugement. C’est vrai sur le plan économique, mais cela devient plus criant sur le plan diplomatique, même si Nicolas Sarkozy ne dit pas toujours qu’il s’est pris les pieds dans le tapis dans l’affaire libyenne. Sarkozy a toujours présenté le départ de Kadhafi comme étant sa propre victoire diplomatique et militaire, alors que dans la réalité Sarkozy n’a été que le supplétif de Obama qui a mis à la disposition de la France et de la Grande-Bretagne les moyens logistiques pour se débarrasser de Kadhafi. Obama ne pouvait le faire au nom des Etats Unis, car, après son voyage en Egypte, il avait déclaré la réconciliation du monde chrétien et du monde musulman. Il a trouvé en Sarkozy un supplétif très agité et très fier de l’image qu’il donnerait au monde en abattant Kadhafi. Sarkozy a réussi à vendre à nos compatriotes français pas très au fait et surtout pas très instruits des complexités de la géopolitique internationale, qu’il avait mis en place les conditions de départ de Kadhafi alors que ce n’est pas la réalité et que le maître d’œuvre était Obama et son supplétif Sarkozy. Obama a mis à la disposition de la France la logistique en matière d’approvisionnement des rafales et des départs des avions d’attaque à partir des porte-avions américains, voilà la réalité.

 

Revenons au voyage de Sarkozy à Moscou. Sarkozy estime toujours être, dans son réel obsessionnel,  Président de la République française, même si Hollande en exerce la fonction. Sarkozy pense que Hollande n’est à la hauteur ni sur le plan national, ni sur celui des relations diplomatiques et géopolitiques. Sarkozy combat la ligne de Hollande dans le dossier syrien, ligne fondée sur le « sans Bachar ». Sarkozy est un animal politique qui n’a pas beaucoup de conviction, qui hier était pro-Bush et qui aujourd’hui est pro-Poutine en fonction de ses intérêts nationaux et internationaux. Sur le plan national français, Sarkozy montre que Hollande se trompe et qu’il ne doit pas rester sur la ligne anti-Bachar. Il faut évoluer et, lui, Sarkozy, estime que le Président Hollande n’est pas à la hauteur. Les rancœurs de l’élection présidentielle de 2012 entre les deux hommes n’ont pas disparu.

 

Sur le plan international Sarkozy veut montrer qu’il est un ancien chef d’Etat responsable, sauf que, dans la réalité, Hollande assure la sécurité des Français sur les plan internes et externes et rassure ceux-ci face aux menaces terroristes. La France de Hollande est présente au Mali, dans le Sahel, en République Centrafricaine et dans toute la partie francophone de l’Afrique. Sarkozy a raison en tant qu’ancien chef d’Etat d’aller à Moscou, mais il ne doit pas donner l’impression que la France parle de plusieurs voix dans le dossier syrien. Sarkozy à force de donner l’impression de revouloir la Présidence de la République française, prend le risque de se brûler les ailes. Juppé, Fillon, le Maire et les autres prétendants à la primaire LR n’attendent que cela. De son voyage de Moscou, on ne retient pas grand-chose car il n’a pas, dans son interview avec Ruth Elkrief, évoqué de manière précise et non sibylline la place que doit occuper aujourd’hui l’Iran dans le dossier syrien.  Sarkozy a souvent raison, mais il a aussi souvent tort, c’est ce qui fait son charme et sa vitalité.

 

Sarkozy prend le contrepied de la diplomatie française en essayant de valoriser Poutine isolé dans le dossier ukrainien et syrien : wait and see. #Vladimir Poutine #Syrie