Les images reçues et montrées par les différentes chaînes de télévision décrivent l’apocalypse : des morceaux de corps au sol, du sang partout, des personnes assises effarées, d’autres debout hurlant leur douleur. Nous sommes au Moyen-Orient, nous sommes en #Turquie, nous sommes dans un des berceaux de la violence, nous sommes dans le Moyen-Orient compliqué. Après l’attentat suicide à Suruç, ville proche de la frontière syrienne, qui avait fait 32 morts et de nombreux blessés, voici un autre attentat à Ankara que certains attribuent trop vite à Daesh.

 

Plusieurs facteurs peuvent nous aider à comprendre cette violence sans que, paradoxalement, ceux-ci nous expliquent la réalité.

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La situation locale en Turquie est marquée par la lutte permanente entre le parti kurde PKK et le gouvernement d’Ankara. C’est une lutte historique car les kurdes s’opposent à la violence gouvernementale d’Ankara envers leur peuple. Pour ne pas avoir gagné les élections législatives, le Président Erdogan a décidé de les réorganiser, ce qui n’a pas l’heur de plaire à une partie des forces d’opposition dont le parti du peuple de Gauche.

 

La Turquie est prise dans le piège du contexte international au Moyen-Orient. Erdogan a toujours demandé le départ de Bachar, tout en faisant face aux migrations de 2 millions de Syriens qui fuient la répression des troupes de Bachar Al Assad. La Turquie a montré, dans un premier temps, une forme de neutralité vis-à-vis de Daesh. Cette neutralité n’est plus la référence car, en permettant aux troupes de l’OTAN, de survoler son territoire, la Turquie, de facto, se trouve impliquée dans le conflit.

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Derrière ces aspects militaires et politiques, il ne faut pas oublier l’aspect religieux. La Turquie est sunnite, comme peuvent l’être la plupart des membres de Daesh qui combattent la Syrie chiite protégée aujourd’hui par la #Russie de Poutine et par l’Iran et le Hezbollah chiites.

 

La Turquie, pays de 75 millions d’habitants, doit organiser la logistique concernant les deux millions de Syriens qui trouvent refuge sur son sol, tant sur le plan alimentaire que sur celui du logement. La Turquie est entrée dans un cycle de violence qui est à la fois interne et externe. Sur le plan externe, Bachar ne semble plus être la priorité du Président Erdogan. Certains membres de l’Etat islamiste infiltrés parmi les réfugiés syriens, font l’objet d’une surveillance de la part des services secrets turcs, ce qui suppose qu’ils sont connus et qu’ils devraient faire l’objet d’une arrestation ; or dans ce domaine, nous sommes dans l’ordre du fantasme, des hypothèses de travail et des supputations.

 

L’ampleur de l’offensive russe en Syrie inquiète les Occidentaux mais aussi la Turquie qui, malgré le soutien de l’Alliance occidentale après des incursions de l’aviation russe dans son espace aérien, doit faire face à une déstabilisation de son espace interne.

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Les Etats-Unis et leurs partenaires occidentaux sont déstabilisés par le jeu de Poutine en Syrie. La Turquie est concernée en partie car il y a une frontière avec ce pays et la situation en Syrie concerne la Turquie. Erdogan est qualifié de Président rugueux. Les évènements récents l’obligent à mettre beaucoup d’eau dans son vin et à réajuster sa politique régionale et internationale en fonction de la stabilité ou non de son pays. #Etat Islamique