Les récents déboires de l'Arabie-Saoudite suite à ses exécutions violentes, n'ont pas contribué au régime de la dynastie des Saoud à se faire apprécier par la communauté internationale. Souvenez-vous par exemple du jeune saoudien condamné à la décapitation puis à la crucifixion de son corps jusqu'à pourrissement complet, et ce, sur la place publique.

Ce n'est donc certainement pas la nouvelle affaire du 09 octobre qui va inverser la tendance à ce désamour.

Quelques notions clés

Avant de parler plus en détail de cette nouvelle affaire, rappelons que l'Arabie-Saoudite est un pays majoritairement sunnite (à l'inverse de l'Iran qui est chiite) et qui applique la loi islamique : la charria. Celle-ci précise à titre d'exemple qu'un voleur doit avoir la main coupée. Naturellement cela ne se fait plus à la hache sur une bûche de bois, mais au laser et à l'hôpital.

C'est un pays qui est depuis 1945 un allié des USA. D'un côté les saoudiens contrôlent le cours du pétrole et en échange la dynastie des Saoud est protégée, dynastie encore au pouvoir aujourd'hui avec le roi Salmane.

Pas de salaire mais une main coupée

L'histoire est donc celle d'une indienne, Kashturi Munirathinam, qui s'est rendue en Arabie-Saoudite il y a 3 mois pour un travail de femme de ménage, pour normalement un salaire de 200 euros par mois.

Mais très vite sa famille reçoit quelques nouvelles, qui ne sont pas bonnes. Elle aurait donc reçu des mauvais traitements, elle travaillerait toute la journée en ne dormant que quelques heures par jour et elle n'aurait pas touché de salaire. En plus elle n'aurait pas été nourrie correctement, ce qui l'aurait affaibli. Bien vite elle n'a pas non plus été autorisée à téléphoner à sa famille.

De ce fait, la travailleuse (esclave?) indienne décide de s'échapper mais elle se fait rattraper. En guise de punition son employeur a donc décidé de lui couper une main.

Cela rappelle le code noir qui était en vigueur en France, en son article 38 : "L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en #Justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis une épaule [...]". Vous noterez que dans ce code la main n'est pas coupée, pour permettre à l'esclave de continuer de travailler.

Dans le cas de Kashturi Munirathinam, il est clair qu'une femme de ménage peut difficilement exercer sa tâche avec une seule main, ce qui pose la question de ce qu'elle serait devenu si l'affaire n'avait pas été publique.

La réaction du gouvernement indien

La ministre indienne des affaires étrangères, Sushma Swaraj, s'est plainte auprès des autorités saoudiennes et a déclaré que l'acte était « inacceptable » sur son compte Twitter.

Cette affaire jette donc un froid entre les deux pays, Inde et Arabie-Saoudite, dont les relations n’étaient pas au beau fixe. En effet, un diplomate saoudien en septembre 2015 avait été accusé de viol sur deux de ses domestiques, de nationalité népalaise. Il avait cependant pu quitter l'Inde grâce à son immunité diplomatique.

L'#Esclavage dans les pays du Golfe

Cependant l'Arabie-Saoudite n'est apparemment pas la seule à encore utiliser l'esclavage dans cette région du monde. C'est le cas par exemple du Qatar, un de ses voisins, puisqu'un rapport d'Amnesty International en avril 2014 faisait état de torture et de violences sexuelles sur les domestiques.

 

Un diplomate français me confiait récemment : bie-Sa« certains disent à propos de l'Araoudite qu'ils ont eu une vision bien à eux des droits de l'Homme, mais la vérité c'est qu'ils n'ont aucune conception des droits de l'Homme». #Arabie Saoudite