La Birmanie, un pays asiatique, dont on parle peu en Europe, vient pourtant de passer un cap décisif vers la stabilité du pays. En effet il était en proie à de multiples conflits internes, majoritairement menés par huit groupes de guérillas en guerre contre le gouvernement. Pourtant un cessez-le-feu a été signé par ces mêmes groupes et le gouvernement.

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Une scission entre le nord et le sud

Le peuple des Karen est depuis longtemps persécuté par les autorités officielles de Myanmar, le nom de la capital birmane. Certains parlent même de génocide, mais le sujet est tabou… Jeudi 15 octobre pourtant, L'Union Nationale Karen a signé l'accord. Figure aussi parmi les groupes signataires l'ethnie shan qui est la première minorité démographique (en termes de personnes donc)..

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C'est un premier pas significatif dans la stabilité du pays qui est en guerre civile depuis… 1948 ! Soit autrement dit depuis 67 ans. Cependant d'autres groupes ont refusé de signer cet accord, réduisant l'impact qu'il aurait pu avoir dans le cas d'une totale acceptation. C'est le cas par exemple de l’Organisation de l’indépendance kachin (KIO), une minorité importante.

Si l'accord est respecté par les parties signataires, d'autres groupes de guérillas pourraient le signer dans l'avenir, ce qui permettrait au pays de trouver une paix (toute relative quand même : on efface pas 67 ans de conflits avec une signature).

Pourquoi y a t-il un conflit ?

A l'origine l'Union Nationale Karen se bat pour obtenir un état indépendant dans le sud du pays, où elle est installée. Le refus du gouvernement d'accorder la création d'un état fédéral est la source de soulèvements d'autres minorités au début des années 60..

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A l'époque c'est le régime communiste qui est en vigueur sous influence directe de l'URSS. De ce fait, lorsqu'en 1980 le bloc communiste s'effondre, les tensions s’apaisent un peu puisque c'est la fin de la guerre froide et qu'un espoir de renouveau apparaît pour ces éthnies.

Le soutien du Royaume Uni au peuple Karen n'a pas arrangé les choses d'un point de vue diplomatique avec le gouvernement birman, qui du coup se méfie encore aujourd'hui des puissances étrangères, ce qui l'a conduit justement à l'isolement diplomatique.

De son côté l'armée régulière birmane est accusée d'avoir largement fait fi des droits de l'Homme, ce qui n'a bien sûr pas aidé à résoudre les conflits ni à se faire apprécier de la communauté internationale.

Aung San Suu Kyi

Plus récemment, le prix Nobel de la paix en 1991 a été attribué à la birmane Aung San Suu Kyi qui ne l'a reçu qu'en 2012 puisqu'elle était en prison..

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Il est intéressant de savoir que les américains sont à l'origine de cette « bombe nucléaire ». En effet ils veulent contrer le déploiement de la #Chine en Birmanie qui essaie d'accéder à l'océan indien par un chemin plus court qu'en partant de la mer de Chine (à l'est du pays). Chine et Birmanie partage une frontière terrestre ce qui permet aux chinois de construire des routes et des chemins de fer pour acheminer leurs marchandises, et en contre-partie de cette « occupation » le régime chinois ne commente pas les crimes de guerre birmans. Afin de lutter contre cette expansion chinoise majeure, avoir comme prix Nobel de la paix une birmane qui dénonce ce qui se passe dans son pays contraint la communauté internationale à ne pas fermer les yeux et à réagir. La conséquence étant d'empêcher la Chine de pouvoir avoir les mains complètement libres en Birmanie.

Le fond de l'affaire est donc plus complexe qu'il n'y parait aux premiers abords, puisque des enjeux internationaux rentrent dans l'équation du problème. Par ailleurs, même si il y a une volonté manifeste de paix, celle-ci ne sera acquise qu'après des années de cohabitation pacifique.

 

 

  #Asie