Visite de quelques parlementaires français en #Syrie, inflexion de la ligne politique dure contre Bachar de la part de l’Allemagne et des Etats Unis, réévaluation éventuelle de la stratégie de Hollande vis-à-vis de Bachar qui n’est pas la solution mais le problème dans le conflit syrien : voici quelques prolégomènes de débat concernant l’attitude de l’Occident vis-à-vis de Bachar.

 

Une nouvelle ligne stratégique se met en place : oui pour une transition politique en Syrie à laquelle participeraient les forces rebelles qui combattent Bachar ainsi que Bachar lui-même, ce qui permettrait une solution de sortie par le haut avec le départ éventuel du maître de Syrie à la suite de cette transition politique.

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Qu’on nous permette de rêver tout haut de ce qui n’adviendra peut-être pas, mais qui semble être une petite porte de sortie de la crise syrienne. Comment analyser la visite surprise de Bachar à Moscou ? Moscou défend ses intérêts en Syrie (à Tartous et à Lattaquies) qu’il considère comme stratégiques. Il ne faut pas oublier que de tout temps la Syrie avec l’Irak ont été les membres les plus importants de la politique arabe de Moscou. Saddam Hussein et Kadhafi sont partis à cause des attaques militaires des Etats Unis et de l’OTAN, ce qui n’a jamais eu l’heur de plaire à Moscou qui a laissé faire sans réagir.

 

 Poutine estime qu’il ne se fera plus avoir dans le dossier syrien, comme il l’a été par les Occidentaux dans les dossiers irakiens et libyens. Poutine veut apparaitre comme le maître du jeu dans le dossier syrien largement incompris par les Occidentaux qui pensaient devoir le résoudre comme ils l’ont fait pour l’Irak et la Lybie.

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Pour l’Occident, les deux problèmes à résoudre en Syrie demeurent Daesh et Bachar afin d’installer leurs affidés syriens de la rébellion aux affaires une fois Bachar parti, et de trouver en même temps une solution à la problématique Kurde. Le Président Erdogan de Turquie, l’autre acteur du conflit syrien (il y a deux millions de réfugiés syriens en Turquie) entrouvre une porte et pense qu’on peut négocier le départ de Bachar en acceptant l’instauration d’un conseil national de transition dans lequel Bachar serait à la fois problème et solution à la différence du Président Hollande qui estime que, pour l’instant, le problème c’est Bachar.

 

Dans ce Moyen-Orient ambigu et compliqué, Poutine a parfaitement compris les enjeux géopolitiques de la situation. Il dit vouloir bombarder l’Etat Daesh alors que, dans la réalité, il apporte un secours important à Bachar en éliminant les troupes rebelles contestataires.  Après la défaite de la #Russie en Afghanistan dans les années 1980, l’Occident a estimé que Moscou était devenu hors-jeu et qu’il pouvait faire ce qu’il voulait au Koweit, en Irak, en Libye, un peu dans le conflit entre Israéliens et Palestiniens.

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En réévaluant ses relations diplomatiques et stratégiques avec l’Iran chiite, Poutine possède une carte maitresse dans son jeu au Moyen-Orient et dans l’influence  sur Bachar.  Poutine n’oublie pas de discuter aussi avec les Etats sunnites du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats arabes unis) Les Occidentaux vont lever l’embargo dont l’Iran a été l’objet depuis de nombreuses années. Les bénéficiaires de cette levée d’embargo sont les Russes, donc Poutine, et non les Etats Unis, l’Allemagne, la France ou encore moins la Grande-Bretagne qui a d’autres chats à fouetter, comme s’interroger sur son maintien ou non dans l’Union européenne. #Vladimir Poutine