La conférence sur le climat (COP21 Climat 2015) aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. La conférence porte sur un chiffre intangible : réduire de 2% les émissions de gaz à effet de serre et pourquoi pas à 1 %. La question mérite d’être posée car on risque de se tromper sur  ce qu’il faut réellement faire après les échecs de Kyoto et de Copenhague. Les 2% constituent une norme politique car, sur le plan scientifique, il y a débat et cette norme ne vise qu’à organiser le consensus politique des 176 ou 195 états  qui seront présents au Bourget (lieu de la conférence en France). Une croissance juste vise à décrire un nouveau paradigme de production, de distribution et de redistribution des richesses aux plans national et mondial. C’est une utopie vers laquelle il faut tendre.

 

Les véritables questions ne sont pas abordées de façon radicale. Sur le plan conceptuel, la question qui doit être posée, est celle relative au couple décroissance/croissance :

  • décroissance dans l’utilisation des énergies fossiles, décroissance pour une économie productiviste minée par le gaspillage alimentaire des les pays occidentaux et surtout dans l’#Union Européenne, décroissance par une utilisation non coordonnée du mixte énergétique organisé autour du nucléaire et des énergies alternatives comme c’est le cas en France ;
  • croissance pour une économie nouvelle fondée sur le développement durable, qui s’organise autour des énergies alternatives (solaire, éolienne voire hydraulique). C’est une chance remarquable pour l’#Afrique à condition d’être acteur partenaire, défenseur de ses intérêts, et non sujet passif permanent dans la problématique du transfert de technologies.

Nicolas Hulot, émissaire du #Gouvernement français et ambassadeur de France temporaire pour la préparation de la COP21, s’interroge à haute voix sur la nécessité de réussir cette conférence après l’échec de la conférence de Copenhague. Dans son ouvrage « Osons, plaidoyer d’un homme libre » (Editions LLL, Les liens qui libèrent, Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme),  Nicolas Hulot déclare :

« Les sommets sur le climat se succèdent, nous croulons sous l’avalanche de rapports plus alarmants les uns que les autres. Et l’on se rassure avec une multitude de déclarations d’intention et de bonnes résolutions. Si la prise de conscience progresse, sa traduction concrète reste dérisoire. L’humanité doit se ressaisir, sortir de son indifférence et faire naître un monde qui prend enfin soin de lui.

Je veux crier que le réchauffement climatique n’est pas une simple crise que le temps effacera. Il conditionne tous les enjeux de solidarité auxquels nous sommes attachés. Ne rien faire, c’est accepter une ultime injustice.

Un autre monde est d’ores et déjà possible ; il nécessite un état d’esprit universel, une intelligence, une vision et une volonté collectives. Nous devons penser le monde comme un espace commun de solidarité.

Les responsables politiques doivent prendre des mesures à la hauteur de ces enjeux. C’est à cela qu’on jugera de leur courage. »

 

 Nicolas Hulot suggère ce qu’il faut faire.

  • Que les Chefs d’Etat présents à Paris s’engagent par une déclaration commune à respecter la norme de 2%, voire à passer en dessous. Il faut que les principaux pollueurs de la planète que sont les Etats-Unis, le Japon et une grande partie du monde occidental, s’engagent lors du sommet du G20 en Turquie (15-16 novembre 2015) à affirmer leurs engagements à Paris. La Chine doit accompagner cette démarche. Les Chefs d’Etat doivent tout faire pour dire à leurs opinions publiques que les problématiques du climat constituent les problèmes de demain pour eux et leurs enfants. Que les Chefs d’Etat africains prennent leurs responsabilités à Paris.
  • Les sociétés civiles ne sont pas mobilisées pleinement dans la plupart des parties du monde. Un travail pédagogique est nécessaire.
  • Les outils et les procédures de financement existent, il suffit de les mettre en ordre de marche pour la nouvelle croissance durable.