Le 6 Decembre dernier, les vénézuéliens étaient appelés aux urnes en vue d’élire  leur Parlement à chambre unique, en conformité avec la Constitution de la République Bolivarienne. Ces législatives étaient réalisées dans un contexte extrêmement difficile pour le Gouvernement chaviste, proche de Cuba, de la Syrie, de la Russie ou encore de la Corée du Nord, États souvent jugés infréquentables par un certains nombre de Capitales occidentales. Les difficultés du pays viennent du fait que le #Venezuela traverse une grave crise économique depuis le décès du charismatique et irremplaçable leader de la Révolution bolivarienne, Hugo Rafael Chavez Frias en Mars 2013, en raison de la chute considérable du prix du pétrole sur le marché mondial d’autant que les revenues provenant de l’or noir avoisinent les 90% des recettes de l’État. Des mesures importantes ont été prises par l’Exécutif pour ne pas toucher aux acquis sociaux malgré une baisse importante du budget en 2015, mais cela n’a pas empêché que la crise frappe l’économie nationale de plein. D’où le mécontentement d’une partie non-négligeable de la population.

Profitant du climat socio-économique délétère, l’opposition de droite, réunie dans la Plateforme politique du nom de Mesa de Unidad Democratica – MUD (Table d’Unité Démocratique, pour sa traduction française), a infligé une cuisante défaite au Partido Socialista Unido de VenezuelaPSUV (Parti Socialiste Unifié du Venezuela, pour sa traduction française) de l’ex-Président Chavez. Cette victoire est quand même surprenante par son ampleur. En effet, les résultats définitifs communiqués par la Commission Nationale Electorale font état de 112 députés élus pour la coalition de droite contre seulement 55 pour le Parti du locataire du Palais de Miraflores. Les organisations d’Observation électorale, de leur côté, ont affirmé que le vote s’est déroulé dans le calme et que la transparence était totale dans cet exercice hautement démocratique comme le faisait entendre le chef de la Mission de l’Union des Nations Sud-Américain, l’ex-Chef d’État dominicain M. Leonel Fernandez Reyna.

Avec ce nouveau Parlement totalement à droite et proche du Patronat, l’incertitude plane sur la Révolution bolivarienne. Révolution qui a changé radicalement le visage de l’État pétrolier Sud-américain avec d’immenses conquêtes sociales. Aujourd’hui, nombreux sont les analystes qui s’interrogent sur le futur du Venezuela à partir du 5 Janvier 2016, date de la rentrée des  députés issus des élections du 6 Décembre. Avec de très larges pouvoirs, la MUD peut finir avec la Révolution et même changer la donne dans la région puisque le Venezuela constitue actuellement un soutien important pour des pays comme Cuba, la Bolivie, la République Dominicaine, Haïti, le Nicaragua ou Saint-Vincent et les Grenadines dans le cadre du Petro Caribe et de l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques. L’opposition, en effet, prévoit l’abrogation de certains accords internationaux qui lient Caracas à d’autres capitales mais surtout de « libérer » le Venezuela de la crise économique en supprimant certaines lois trop à gauche comme la loi Prix juste et coût juste, la loi sur le coupon socialiste tout en adoptant de nouvelles mesures plus libérales à même de « faire redémarrer » la productivité. Le Gouvernement bien qu’il ait reconnu sa défaite n’entend pas sacrifier le processus révolutionnaire pour partager l’Exécutif avec l’opposition qui est à même de procéder à la destitution du Président avec sa majorité imposante. Toutefois, la Constitution autorise le Président de la République à dissoudre le Parlement si ce dernier représente une « menace pour le pays », option qui est quand même utilisable. Reste à savoir si le recours à cette fameuse option permettra au chavisme de reconquérir le Congrès. Mais, ce dont on est sûr, c’est que les jours à venir mettront à l’épreuve la capacité du pouvoir révolutionnaire chaviste à se rectifier, à se rénover et à se réimposer.

 

 

Caracas

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