Daesh existe, sans être un Etat au sens classique des Nations Unies. #Daesh une entité grande comme la Grande-Bretagne et qui occupe une moitié de l’Irak et de la #Syrie. François Hollande a réussi à organiser une coalition internationale prête à lancer des bombes contre Daesh.  Les Anglais viennent de le faire ainsi que les Etats Unis. L’Allemagne met sa logistique armée à la disposition de la coalition. La Russie, dont on attendait une action décisive, passe son temps à régler son différend diplomatico-militaire avec la Turquie.

 

Les bombardements sont une chose nécessaire, ils demeurent insuffisants et nécessitent un relais par l’envoi des troupes au sol. Or, personne ne veut y aller, même si Barak Obama a dû revoir sa position en envoyant quelques marines au sol en Irak pour commencer à réfléchir sur un embryon d’intervention des troupes de la coalition contre Daesh. Si l’Occident n’envoie pas de troupes au sol, la guerre contre Daesh risque d’être très longue et les bombes n’y suffiront pas car Daesh a construit des bunkers pour se protéger des bombes occidentales.

 

Les troupes au sol doivent inclure les pays comme l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Kurdes, les Irakiens, les Turcs, les Iraniens et les Syriens. Or ce kaléidoscope n’a pas l’heur de plaire à tout le monde car, et c’est bien là le problème, Sunnites et Chiites ne s’aiment pas, ne se supportent pas au nom d’une intolérance religieuse. L’Occident a beaucoup de mal à comprendre les subtilités de ce Moyen Orient compliqué. Daesh continue de menacer l’Occident et, pendant ce temps, l’Occident essaie de revoir sa stratégie de défense face à un ennemi invisible. Daesh oblige les Occidentaux à revoir leur stratégie en matière de renseignement, de sécurité. Même si le Président Hollande et son Ministre Le Driant se sont rendus sur le Charles De Gaulle pour mobiliser les troupes, force est de reconnaitre que l’Occident et la France doivent répondre à une question fondamentale : comment la France doit-elle se comporter dans une guerre asymétrique ? Comment convaincre des partenaires commerciaux, Arabie Saoudite et Qatar, à combattre Daesh dont certains disent que ces deux ont toujours eu une approche quasi-tolérante vis-à-vis de cette organisation ?

 

En se rendant brièvement à Chypre après sa visite aux militaires sur le Charles De Gaulle, le Président Hollande n’oublie pas que Daesh est en Libye dans les villes de Syrte et Derna. L’implantation récente de Daesh en Afrique  et surtout en Libye va obliger les Occidentaux et la France à inclure dans leur stratégie de lutte contre Daesh les territoires irako-syriens et africains. Daesh vient de montrer à l’Occident que c’est un mouvement terroriste capable d’expatriation et la Libye se trouve à 500 km de l’Europe, ce qui doit obliger les Occidentaux à reconfigurer leurs défenses et tout leur système de renseignement et de sécurité.

 

Il reste aux Occidentaux de regarder la réalité en face et de construire des modèles stratégiques d’intervention possible au sol pour essayer d’éradiquer Daesh. Ne pas le faire, c’est accepter l’idée que les sociétés civiles occidentales et françaises doivent accepter la pression malsaine de groupes terroristes pendant de nombreuses années. Les Occidentaux ont les moyens militaires stratégiques et financiers pour intervenir au sol. Il leur suffit de le dire à leurs opinions publiques respectives qui sont prêtes à accepter les pertes directes et collatérales éventuelles.

 

Voilà la terrible carte de la nouvelle géopolitique du 21ième siècle où le #Terrorisme modifie la donne des rapports de force mondiaux en obligeant la communauté internationale à intégrer une variable fondamentale : le religieux. C’est dur de le dire, mais c’est la réalité. Les mots laïcité, communautarisme, religion, République, séparation de l’Eglise et de l’Etat sont des concepts réels mais qui doivent être repensés au moment où la géopolitique devient changeante.