Dans tout système politique, l'étude des structures des partis politiques et leur articulation à l'environnement sociétal sont des objets fondamentaux de l'analyse politique. Au Congo Brazzaville, l’élection du 20 mars 2016 met en perspective pour la victoire les stratégies des membres de l’opposition et du parti majoritaire PCT qui soutient le Président Denis Sassou Nguesso.

 

L'opposition politique congolaise rassemblée dans la plateforme FROCAD-IDC  (FROCAD: Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique, IDC: Initiative pour la démocratie au Congo ), a beaucoup de mal à désigner un représentant à cause des problèmes structurels qui la configure. Il faut être réaliste et l'observation actuelle du paysage politique congolais montre que, malgré leurs oppositions, le FROCAD et l'IDC ont ouvert le vendredi 8 janvier 2016 une convention pour aplanir leurs différences, renforcer leur unité et examiner les conditions de leur participation à l'élection présidentielle sur une base unitaire. Personne ne met en doute l'honnêteté de André Okombi Salissa de l'IDC ou de Pascal Tsaty Mabiala du FROCAD. D'autres personnalités de l'opposition comme Mathias Dzon, Claudine Munari  et d'autres existent dans l'opposition congolaise. Ces opposants sont connus, certains d'entre eux ont travaillé avec le Président Sassou et lui doivent une partie de leur fortune. Ce n'est pas le problème essentiel. En revanche, comment ces opposants réussissent-ils à faire exister de façon structurelle leurs partis politiques ? C'est bien la question que doit tout congolais qui souhaite l'alternance politique au Congo-Brazzaville. Ne pas se la poser, c'est demeurer dans des stratégies de convenance clanique ou de convenance personnelle. 

L’opposition congolaise existe à travers des individus, c'est un fait, et non des organisations établies durablement sur le terrain. La victoire politique n'est possible que dans l’hypothèse d’une mise en place de structures durables sur le long terme. Dans l’opposition congolaise il existe des hommes et des femmes tout à fait remarquables. Ces opposants ne sont connus de la population qu’un ou deux ans avant les échéances électorales. Ensemble ils construisent des plateformes (comme c’est le cas du FROCAD-IDC) qui n’ont qu’une existence conjoncturelle et de combat. Ces plateformes érigées de manière circonstancielle recherchent une reconnaissance internationale surtout en France. Ces opposants, conseillés par leurs mentors français, s’installent dans une stratégie du coup politique visant à contester le pouvoir en place.

 

En ce moment au Congo il y a une mésentente entre les membres de la FROCAD-IDC (même s'ils sont en convention pour 3 jours). Certains souhaitent participer à l’élection présidentielle au nom de la vie démocratique, d’autres estiment que les conditions ne sont pas remplies et qu’un certain nombre d’éléments liés à la gouvernance électorale doivent être mis en place, comme:

  • une commission électorale dont l’indépendance est reconnue par tous,
  • un fichier électoral fiable préalablement expertisé par l’OIF et donc accepté de tous,
  • des cartes d’électeurs biométriques,
  • l’identification électronique des électeurs.

On peut rajouter à cette liste d’autres propositions, comme l’organisation d'élections strictement surveillées par des observateurs extérieurs qui vérifient la bonne tenue de celles-ci. Ces choix démocratiques sont acceptables mais on peut se demander à quelle opposition s’adressent-ils quand on sait que les membres éminents de l’opposition congolaise passent plus de temps à s’opposer entre eux et à essayer d’apparaitre comme démocratiques et recevables vis-à-vis du pouvoir majoritaire en place. L’opposition est-elle capable de se ressaisir d’ici au 20 mars 2016, ou bien doit-on se contenter de ce qu’elle a toujours représenté : une opposition de circonstance en fonction des événements politiques du moment ? #Élections #Président de la République #Afrique