L'assaut des terroristes djihadistes de Belmokhtar a fait 29 morts et une centaine de blessés. L'armée burkinabée qui a des moyens logistiques et d'intervention stratégique insuffisants, a dû solliciter la présence de militaires français et américains pour faire cesser l'intervention des terroristes. Les nouvelles venant du Burkina Faso restent assez confuses car certains observateurs disent que des clients de l'hôtel seraient otages des terroristes. Il faut prendre ces informations avec les réserves d'usage. L'attaque contre l'hôtel Splendid montre l'internationalisation du #Terrorisme dans des Etats africains fragilisés par l'absence d'armées fortes et relativement peu préparée aux attaques terroristes.

DAESH est présent en Libye et profite de la désorganisation institutionnelle et démocratique de ce pays pour imposer sa loi et construire une base africaine de son action, même si AQMI (Al QAIDA Maghreb islamique) conteste sa présence. Néanmoins d'autres mouvements contre BOKO HARAM ou certains dissidents d'ANSAR DINE et du MUJAO sont tout à fait prêts à regarder du côté de DAESH. Nous sommes là dans une configuration nouvelle qui oblige les pays de la zone sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Niger, Sud de l'Algérie, Libye, Somalie et Djibouti) à mettre en place une vision stratégique et des moyens militaires conséquents pour faire barrage à l'avancée des terroristes.

Entre les incantations et la réalité des Africains à propos de leur souveraineté , on note que certains éléments de la force Barkhane et du commandement américain pour l'#Afrique (Afrikom) ont dû intervenir pour aider l'armée burkinabée à résoudre le problème. La présence de la France dans cette région est motivée par la coopération militaire avec la plupart des pays de la zone sahélo-saharienne, mais aussi par la défense de ses intérêts économiques car la France a besoin de sécuriser l'approvisionnement en uranium, venant du Niger, dont EDF a besoin pour le fonctionnement de ses centrales nucléaires. La France est confrontée à plusieurs défis: sécuriser le Nord-Mali, ce qui est difficile compte-tenu de l'étendue du territoire, et créer les conditions pour que les Africains, malgré des budgets de fonctionnement limités, se regroupent pour lutter contre le terrorisme.

Des pays comme le Tchad, le Cameroun et le Nigéria discutent sur les moyens les plus efficaces de créer des missions communes contre BOKO HARAM. Pour des raisons propres au Nigéria et en partie liées à la corruption de certains de ses responsables et gouverneurs militaires, comme l'a dit le nouveau Président élu Buhari : la lutte contre Boko Haram semble difficile. Le Président Déby du Tchad estime que son pays est le plus engagé dans la lutte contre BOKO HARAM. La présence américaine est justifiée par la lutte contre le terrorisme en Afrique, mais surtout pour le contrôle d'une partie des trafics de drogue et autres substances illicites venant de l'Amérique du Sud et transitant par le Golfe de Guinée pour aller vers l'Europe grâce aux convois souvent encadrés par des terroristes dans la zone sahélo-saharienne.

Les pays africains de la zone sahélo-saharienne et les autres seront-ils capables en attendant cette force africaine introuvable de concevoir des stratégies et de mettre en œuvre des moyens budgétaires pour former les militaires et acheter des armes enfin de sécuriser leurs frontières ? On peut noter ici que n'eut été la coopération militaire avec la France, le Mali aurait été envahi par les troupes terroristes et autres troupes djihadistes. Les Africains qui, de façon théorique, crient à l'ingérence de la France dans les affaires africaines, doivent le faire avec modestie et modération car la plupart des armées africaines sont faibles, incapables de se battre réellement face à des armées régulières étrangères et encore moins aujourd'hui face au terrorisme. L'armée angolaise du temps de l'apartheid a réussi à libérer l'Angola grâce à la présence armée de Cuba. #Etat Islamique