Depuis le retour de l’#Iran sur la scène internationale à la suite de la signature de l’accord sur le nucléaire iranien avec les puissances occidentales, l’Iran est devenu un acteur majeur au Proche-Orient et au Moyen-Orient. L’Iran chiite s’oppose à l’#Arabie Saoudite, puissance régionale sunnite. Comment expliquer cette rivalité qui remonte à la mort du Prophète Mahomet et à sa succession entre son fidèle Bakr et son gendre Ali et qui introduit aujourd’hui des incertitudes radicales pour résoudre le cas du groupe islamiste Daesh ? Bakr a fondé le sunnisme (85% des musulmans) et Ali le chiisme (15% des musulmans). Cette opposition millénaire continue de nos jours et s’incarne dans la résolution des conflits au Proche-Orient au Moyen-Orient.  Comment faire exister à la même table des négociations les syriens chiites, les saoudiens sunnites, les irakiens chiites et sunnites, les Iraniens chiites, le Hezbollah chiite au Liban, la Turquie sunnite et d’autres partisans comme les kurdes et les pays de l’alliance occidentale ? Il est là le véritable problème au Proche-Orient et au Moyen-Orient.

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L’Arabie Saoudite n’a jamais accepté le retour de l’Iran sur la scène internationale. Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud estime que les Etats-Unis, alliés traditionnels de l’Arabie Saoudite, privilégient l’Iran à leurs dépens.   Pour le roi saoudien l’émergence des foyers de déstabilisation dans le Proche-Orient, au Yémen, en #Irak, sont essentiellement le fait de l’Iran. Il y a donc une guerre politique de rapports de force sur fond religieux entre Iraniens et Saoudiens. A la suite de l’exécution d’un haut dignitaire chef religieux chiite Nimr Baqer Al-Nimr, l’Iran estime que l’Arabie Saoudite est allée trop loin et qu’elle doit payer cette imposture. De quelle façon ? Nul ne le sait. Pour anticiper la réaction de Téhéran, l’Arabie Saoudite a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran.

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Cette brutale montée de tension entre l’Iran et l’Arabie Saoudite a encouragé certains pays d’obédience sunnite, comme le Koweit, Barhein, le Soudan et peut-être la Mauritanie qui s’est contentée d’un communiqué sur le respect de la souveraineté et de la non-ingérence, de rompre leurs relations diplomatiques avec Téhéran.

 

Nous sommes là dans une géopolitique de tension. Conduira-t-elle à la guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Pour l’instant, on ne peut répondre que de façon négative car l’Iran a besoin de consolider sa position de « Revenant » sur la scène internationale et ne souhaite pas être désigné par la communauté internationale comme le pays à l’origine des troubles au Moyen-Orient. Mais l’Iran dit qu’il ne laissera pas impuni le crime commis par l’Arabie Saoudite et, comme l’affirme l’Ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien, « Dieu vengera le sang d’un innocent », celui du leader chiite Nimr Baqer Al-Nimr.

 

Voilà le Moyen-Orient compliqué proposé aux Occidentaux, surtout aux pays de l’alliance.

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Comment la France va-t-elle arbitrer entre ses liens politico-mercantiles avec l’Arabie Saoudite et sa position nouvelle vis-à-vis de l’Iran ? La France vient de renouer avec l’Iran et souhaite approfondir ses nouvelles relations commerciales et économiques. Les Etats-Unis demandent au deux belligérants  de ne pas aller plus loin que l’invective diplomatique (dénonciation, rupture des relations diplomatiques, départ des membres des missions diplomatiques). L’Arabie Saoudite et l’Iran seront-ils se comporter en puissances régionales responsables ? Si dans l’immédiat la guerre n’est pas certaine au Moyen-Orient, elle reste possible entre l’Iran et l’Arabie Saoudite dans ce Moyen-Orient tellement compliqué que les Occidentaux en perdent leur latin et leurs stratégies.

 

Il ne reste plus qu’à imaginer à qui vont profiter les escarmouches verbales et peut-être demain militaires, entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.