Dans un article publié par le journal Jeune #Afrique (22-29 novembre 2015) j'avais posé une question centrale concernant la capacité politique de l'opposition de jouer le jeu démocratique en vue de l’alternance. Il ne s'agissait pas pour moi de douter de l'importance des hommes politiques de l'opposition, mais de m'interroger sur les structures techniques qui fondent l'existence de leurs partis. J'ai été mal compris et certains ont pensé que je critiquais par le mot « introuvable » l'inexistence des hommes politiques de l'opposition.

 

Le jeu démocratique est un processus de très longue haleine. Des pays comme la France, que chaque Congolais de la majorité ou de l'opposition se plaît à prendre en exemple ou en contre-exemple, ont dû laisser passer des siècles entiers pour que l'adhésion des populations à la culture démocratique se fasse. Le 20 mars 2016 le Congo-Brazzaville organise l'élection présidentielle à laquelle va participer la plupart des hommes politiques de ce pays. Le message que le citoyen, que je suis, souhaite envoyer aux candidats est que l'élection présidentielle doit être le point de départ pour fonder une nouvelle culture démocratique qui doit permettre de mieux structurer les partis politiques de l'opposition comme de la majorité.

 

Au Congo-Brazzaville, le Parti Congolais du Travail qui soutient le Président Sassou est globalement mieux structuré que les autres partis politiques. Le PCT quadrille le pays et possède une capacité de mobilisation de ses militants, de ses réseaux et de ses élus. La réussite à toute élection présidentielle en dépend. Ces éléments de structure, dits techniques, sont indispensables pour commencer à construire un modèle d'organisation d'un projet démocratique pour une alternance, si tel doit être le cas.

 

L'histoire politique congolaise depuis l'indépendance possède des hommes et des femmes qui ont joué un rôle important (Tchichelle, Opangault, Youlou, Pouabou, Tchicaya, Massamba-Debat, Yhombi, Marien N'Gouabi, Lissouba, Sassou).  Bien entendu il n'y a pas d'ordre protocolaire dans l'énoncé de ces hommes politiques, mais force est de constater que la vitalité du débat politique dans notre pays a été largement dépendant de la capacité d'organisation et d'animation de l'espace politique congolais par ces différents responsables politiques.

 

Le passage d'un modèle marxiste à un modèle social-libéral dans notre pays a modifié l'espace d'organisation politique. L'ancien parti unique, le PCT, a su s'adapter à cette modification structurelle et politique, ce que n'ont pas su faire ou ne savent pas faire les partis d'opposition qui manquent, sans leur faire offense, de militants compétents professionnellement pour construire et organiser la vie des partis de l'opposition. Il y a des outils analytiques que n'importe quel parti doit utiliser pour être à la hauteur du débat dans l'espace démocratique. Les leaders politiques sont importants au Congo, mais la vie politique des partis ne peut se limiter à leurs personnes seulement, même si, par habileté individuelle, don oratoire et maîtrise des connaissances objectives, leur rôle est important.

 

Voici quelques outils utiles pour les partis de la majorité et de l'opposition congolaises:

  1. l'organisation des partis politiques, il existe des méthodes spécifiques de structuration des partis,
  2. la connaissance de la cartographie électorale,
  3. la connaissance de la sociologie électorale et des analyses systémiques et transactionnelles de la vie politique congolaise,
  4. l'exigence financière pour faire vivre les partis politiques de façon autonome,
  5. la valorisation du travail de militant sur le terrain,
  6. visibilité médiatique avant et après les élections.

 

L'opposition dans un pays ne se limite pas à jeter l'opprobre sur le Président sortant et en exercice, mais doit organiser une alchimie complexe entre les approches scientifiques et sociales pour fonder à long terme l'égalité et la légitimité de la culture démocratique dans notre pays, le Congo-Brazzaville. #Élections #Démocratie