Le quartier d'Antaninarenina, dans la capitale Antananarivo, était bouclé par un dispositif impressionnant des forces de l'ordre  dans la matinée du dimanche 07 février dernier; tant le pouvoir actuel craignait des débordements éventuels.

 

Un petit rappel des faits, qui appartiennent désormais à la sombre histoire contemporaine de #Madagascar, s'impose.

Le 07 février 2009 sur l'avenue de l'Indépendance, Andry Rajoelina présente à la foule Monja Roindefo qu'il vient de désigner comme le premier ministre de son régime transitoire naissant, puis alors que le nouveau premier ministre prend la parole, Andry Rajoelina s'éclipse discrètement ; laissant le peuple marcher sur Antaninarenina afin d'installer le nouveau promu au palais présidentiel d'Ambotsirohitra. Une longue procession se forme autour de Monja Roindefo qui est juché sur un pick-up. Des pourparlers menés par le général Dolin Rasolosoa (qui deviendra plus tard président du Conseil Supérieur de la Transition) s'engagent avec les militaires en charge de la garde du palais présidentiel ; ces derniers autorisent une petite délégation de parlementaires à s'approcher des grilles mais durant la courte discussion, les militaires de faction à l'extérieur des grilles du palais s'écartent puis quelques secondes plus tard une première salve retentit, bientôt suivit d'une seconde ; des dizaines de corps civils enchevêtrés jonchent le sol (morts et blessés).

Ce dimanche 07 février 2016, c'est donc sous un soleil radieux que différentes entités politiques et associatives étaient fermement attendues afin d'honorer la mémoire des dizaines de victimes tombés sous les balles dans l'après-midi du 7 février 2009. C'est d'ailleurs cet évènement tragique, qui allait précipiter la chute du régime de Marc Ravalomanana et ainsi favoriser l'avènement de la période de transition d'Andry Rajoelina.

Comme le soulignait à la presse Monja Roindefo, ancien premier ministre de la transition (voir photo ci-dessus) et témoin direct des scènes atroces : "...force est de reconnaître, que 7 ans après les faits, les responsabilités n'ont toujours pas été établies ; tant au niveau des auteurs du carnage, que des donneurs d'ordres...!".

Différents articles de presse diffusés avant la date commémorative, pouvaient laisser craindre des récupérations, voire heurts du fait notamment du retour d'exil de l'ancien président Marc Ravalomanana et la présence au pays d'Andry Rajoelina. Mais tout cela, fort heureusement est resté cantonné au rang des supputations, d'autant que l'ancien homme fort de la transition n'est pas venu, préférant se faire représenter car en déplacement au chevet des victimes de la famine dans le sud de Madagascar.

Toujours est-il que le régime actuel avait décidé de n'autoriser l'accès à la stèle commémorative qu'aux seuls journalistes, représentants de partis politiques et associations de victimes bien identifiés et constitués en petits groupes ; qui disposaient de 10 minutes pour procéder au dépôt de gerbes.

C'est ainsi qu'aucun incident ne fût à déplorer tant les différentes délégations s'étaient, semble-t-il, arrangées pour ne pas se croiser... sans doute la légendaire sagesse malagasy retrouvée ! #Démocratie