L’attaque terroriste de ce jour 13 mars 2016 à Grand Bassam, station balnéaire de Côte d’Ivoire, montre que l’Afrique est de plus en plus sous la menace  des actions terroristes. Après le Mali et le Burkina Faso, voici la Côte d’Ivoire sous l’emprise du #Terrorisme. Il ne faut pas considérer cet acte terroriste comme un épiphénomène mais essayer d’en analyser les éléments profonds. L’Afrique n’est pas un îlot qui serait préservé par le terrorisme mondial.

 

Après le Moyen-Orient, Daesh est en Libye, il a été refoulé de Tunisie et a conclu un accord avec Boko Haram. La Géopolitique des conflits en Afrique est secouée par une autre ligne, celle du religieux que l’on feint de ne pas voir.

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Au-delà de l’opposition entre terrorisme et Occident, opposition qui appartient à une condamnation de la diplomatie occidentale par les groupes terroristes, la question religieuse semble devenir dominante dans une Afrique qui, jusque là, faisait vivre de façon harmonieuse les populations d’obédience musulmane et d’obédience chrétienne.

 

Un autre élément fondamental est l’opposition entre les populations arabes et les populations sub-sahariennes souvent animistes. Le fait d’armes a été la division du Soudan en deux Etats, l’un musulman au Nord et l’autre catholique et chrétien au Sud. La plupart des pays africains francophones et anglophones sont démunis militairement. La Côte d’Ivoire tient une grande partie de sa sécurité militaire territoriale à la présence des troupes françaises qui ont été parties prenantes dans la guerre civile opposant Gbagbo à Ouattara.

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Au-delà de cette présence rassurante, l’armée ivoirienne fait des efforts pour se structurer, mais on note que celle-là a beaucoup de mal car des milices existent, même si elles sont dormantes.

 

Dans un ouvrage récent Africanistan paru chez Fayard, Serge Michailof montre que si on laisse faire le terrorisme, la partie sahélo-saharienne sera infestée par le terrorisme mondial, ce qui aura pour effet de faire fuir les populations africaines de ces zones vers l’Europe. De plus, dans cette zone, la mafia s’appuie sur ces groupes terroristes pour le transport des produits illicites (drogues et armes) vers les zones de conflit et vers l’Europe. Nous y sommes. Malgré le G5 Sahel (formation de 5 Etats visés par le terrorisme), la plupart des pays africains sont faibles militairement et ils n’ont ni les moyens militaires, ni les ressources stratégiques en technique et en équipement pour mettre en place des politiques de prévention et de lutte réelle contre le terrorisme.

 

L’Union africaine a failli dans ses missions de prévention face au terrorisme pour la plupart de ses Etats-membres.

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Elle se contente de grands discours. La Force africaine en attente n’arrive pas à voir le jour. Chaque Etat se contente d’une approche unilatérale pour préserver son territoire alors que la réponse militaire doit être régionale et globale. Les terroristes l’ont compris et, selon la théorie des dominos, ils réfléchissent au moyen de toucher la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et peut-être demain ceux de l’Afrique centrale, dont certains sont déjà sous la menace terroriste comme le Tchad et le Cameroun. #Etat Islamique #Côte d'Ivoire