La violence au nom de la religion n’est pas un phénomène nouveau. Pendant les années 50, des leaders d’opinion, des hommes politiques, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés par des prétendus garants d’une religion, avec la bénédiction de certains chefs d’Etats.

Cependant, le fait nouveau reste le changement de stratégie. Là où les terroristes d’antan prenaient pour cibles des personnes dont la notoriété était bien établie au sein de la société, tout en évitant de faire des victimes collatérales, les terroristes d’aujourd’hui qui disposent de  moyens sophistiqués de propagande, frappent dans la masse. Ce n’est plus tant la qualité de la cible qui importe, mais, la quantité. Et c’est à ce niveau que se pointe l’#Afrique, elle qui, depuis la fin des années 2000, a vu tomber des milliers de ses fils et filles, des victimes anonymes…http://fr.blastingnews.com/international/2016/03/la-tuerie-de-grand-bassam-en-cote-d-ivoire-l-afrique-et-la-menace-terroriste-00834435.html

Pourtant, les africains continuent de mener la bataille contre le terrorisme en rangs dispersés, à quelques exceptions près (Coalition Cameroun-Tchad-Nigéria-Niger, Ndlr). Est-il possible pour l’Afrique de mutualiser les efforts afin de faire face à ce fléau comme le fait l’Ue ? C’est là tout le sens de la conférence qui s’est tenue le 14 mars 2016 au King Fahd Palace de Dakar.

Sur les traces de Cheikh A. Bamba

Initiée par le président de l’Ucab, S. Mame Mor Mbacké Mortada, la conférence portait sur deux thèmes : « Les pays africains face au terrorisme » et « #Islam en Afrique noire, élever les défenses de la paix ». Dans son allocution d’ouverture, le premier ministre du Sénégal, Mahammed Boun Abdallah Dioune a situé la tenue des travaux dans leur contexte. « A l’heure où nous parlons, ils viennent de frapper en Côte d’Ivoire. Le terrorisme est devenu une menace grave, un problème pour l’Afrique et le monde. En leur temps, les guides (religieux, Ndlr) ont créé des espaces pour la diversité culturelle et le dialogue », a-t-il déclaré. D’où l’invite à la jeunesse de « suivre les pas des sages tels Cheikh Ahmadou Bamba qui a répondu à la violence par la non violence ». http://fr.blastingnews.com/culture/2015/12/jordan-seghers-dans-le-viseur-de-la-mort-00685647.html 

Endoctrinement

Dans sa leçon inaugurale, le président du Conseil scientifique de l’Ucab a tenu à faire la différence entre islam qui d’après lui, signifie « humanisme » et l’endoctrinement qui est le fait d’ « inculquer à un esprit fragile tout ce que l’on veut ».

Dans son adresse à l’assistance, le Professeur Ibrahima Thioub, recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, a insisté sur les quatre mots clés qui animent la sphère linguistique de nos jours : « islamisme, radicalisme, djihadisme et terrorisme ». Le professeur Thioub s’est interrogé sur la nature de cette jeunesse qui voue une haine viscérale pour tout ce qui vient de l’occident, au nom de la religion (le boko haram), dans un contexte de globalisation générale où les Africains ont quelque chose à apprendre de cet occident et l’occident, de l’Afrique !

Toutefois, pour la plupart des panélistes venus de Belgique, des Etats-Unis ou encore de Turquie, tous ces beaux discours n’auront pas de véritables effets si les points suivants ne sont pas suffisamment mis en exergue : Premièrement, il serait temps de mettre à contribution les intellectuels africains pour un dialogue franc entre les gouvernants et la jeunesse qui constitue quand même le plus grand contingent de victimes. Deuxièmement, il faut envisager de réformer la théologie, car la violence émane des différentes interprétations que l’ont fait des saintes écritures et l’implication du politique. Troisièmement, il faut donner du travail à cette jeunesse désœuvrée qui est devenue la proie facile des djihadistes.  Et, ce n’est que comme cela qu’on pourra parler d’un début de solution…

I.G #Djihad