L'objet n'est pas de défendre ici ce que nous appelons communément "la dictature", encore faudrait-il vérifier que nous n'en soyons pas victimes nous-mêmes en Occident. Cette île fantastique, nichée au nord de l'arc antillais, a vécu préservée de bien des maux qui rongent les pays qui la jugent et la convoitent. L'Europe et les États-Unis reluquent un nouveau marché et cachent leur jeu en amenant sur la table des raisons humanitaires. Or ces puissances économiques déclinantes sont loin d'être des exemples en matière de bonheur et d'épanouissement. Alors que les jeunes cubains passent leurs soirées sur le Malecòn, rêvant d'Amérique et de carte bleue, arrosés des couchers de soleil de la Caraïbe, le peuple d'Europe se concentre dans le froid et l'humidité des places de villages réquisitionnées pour des réunions révolutionnaires parfumées au gaz lacrymogène.

 

Mieux vaut manger de la langouste tous les jours et fumer des Havanes que d'aller aux Restos du Coeur...

 

L'image que nous avons de #Cuba est limitée au folklore musical (très riche), à la production des meilleurs Havanes de la planète (très appréciés), à ses voitures américaines des années 50 (très convoitées), à son personnel médical mondialement reconnu (très demandé) et aussi à son histoire mouvementée. Mais l'image ancrée dans la mémoire collective mondiale, celle de Che Guevara et de Fidel Castro, demeure le symbole suprême de cette terre maintes fois colonisée. L'Occident pleure sur le sort d'un peuple qu'elle a bafoué, humilié, se préoccupant alors peu de son bonheur.

 

Un pays à la pointe en matière de production agricole biologique.

 

Dés les années 1990, Cuba organise un système de production agricole biologique et de proximité qui permet au pays d'atteindre en 1996 un objectif qu'il s'était fixé : fournir 300 grammes de légumes frais chaque jour pour chaque habitant. En France, beaucoup rêvent des fameux 5 fruits et légumes quotidiens, sans pouvoir les acheter. Cuba est mondialement reconnu pour ses compétences dans l'élaboration de produits pharmaceutiques. Cette activité économique arrive en deuxième position après le tourisme. A la suite de la révolution, 80% des propriétaires resteront maîtres de leurs biens.

 

Education et enseignement gratuits pour tous.

 

En 1961, Castro nationalise les écoles et les universités et en rend l'accès totalement gratuit. Aujourd'hui Cuba affiche un taux d'alphabétisation de 99.8%, devant les États-Unis (93,3%). Le peuple cubain dispose d'une sécurité sociale universelle et l'espérance de vie est de 78,6 années pour les hommes et de 80,4 années pour les femmes. En matière de soins pour les enfants, une étude réalisée en 2011 place Cuba en 8ème position mondiale sur 161 pays, devant l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

 

Ces quelques exemples ne masqueront pas les manques en matière de liberté d'expression, notamment. Mais on peut tout de même se poser la question de savoir ce que nous prétendons apporter de positif à ce peuple en lui soumettant l'exemple de notre existence. Notre civilisation de consommation débridée, d'acheteurs compulsifs et endettés, fait-elle vraiment si envie à ces cubains préservés des maux qui nous rongent. Cuba a encore de beaux jours à vivre... avant que les États-Unis et l'Europe ne viennent à nouveau y exploiter le peuple et pervertir sa culture préservée. Il est possible que dans quelques années, ces nouvelles victimes potentielles de la société de consommation ne regrettent pas les bienfaits insoupçonnés de l'embargo. Même s'il eut à ses débuts des conséquences humanitaires tragiques, il a aussi le mérite de les avoir préservées. #Barack Obama #Dollar