Sauf dans les sociétés matrilinéaires (très minoritaires) qui tolèrent le gouvernement des femmes, on le sait bien, dans la majorité des sociétés du monde, l'autorité des femmes est difficilement admise. A ce sujet, en France, on se souvient du passage de Mme Edith CRESSON à Matignon et les remous suscités dans l'opinion par la nomination d'une femme au poste de Premier Ministre. On pensait pourtant qu'avec l'évolution des mentalités, cette époque était révolue. Il n'en est rien du tout, et l'actualité brésilienne vient de nous le rappeler.

 

Ainsi donc, avec l'élection de Mme Dilma ROUSSEF à la présidence brésilienne, quelques-uns n'avaient pas encore dit leur dernier mot.

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Ils ont commencé à le faire depuis quelques temps, et de quelle manière ! Les choses sont allées très vite. En quelques semaines, la menace de destitution de la présidente démocratiquement élue est rentrée dans sa phase exécutoire. Il y a quelques jours, elle a été mise à l'écart. Un gouvernement "viril" et "monocolore" a été formé. Son but : la mise en oeuvre du plan d'austérité.

 

Aberration tout de même, dans la mesure où tous les chefs d'accusation portés contre Dilma ROUSSEF sont des pratiques anciennes, lesquelles trouvent leur origine dans les gouvernements précédents. Gouvernements précédents qui sont caractérisés par le fait qu'ils étaient tous conduits par des hommes ayant conduit leurs mandats présidentiels à terme, sans que leurs mandats soient menacés d'écourtement. Se posent alors les questions suivantes :

 

  • L'appétence démocratique, assez grosse, et très soudaine qui s'empare des parlementaires brésiliens aurait-elle été aussi irrépressibles ; si Dilma ROUSSEF avait été un homme ?
  • Le combat contre la corruption et pour la sincérité budgétaire aurait-il eu la même intensité que si Mme ROUSSEF était née Monsieur ROUSSEF ?

 

Assurément, l'acharnement contre Dilma ROUSSEF par un parlement dominé par les hommes laisse présager d'un machisme primaire et d'une misogynie à l'état brut. Et que dire de ce gouvernement sans diversité de genres et sans mixité sociale dans un pays pourtant très métissé ?L'austérité serait-elle synonyme de l'exclusion en genre et en couleur. En tout cas, c'est le lieu de le dire, au #Brésil, avec un gouvernement "viril", et "monocolore", tout devient véritablement austère.

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#Amérique latine