Alors qu’au Brésil, Dilma Rousseff vient de perdre sa bataille contre le Parlement pour conserver la présidence, un autre chef d’Etat sud-américain, également héritier de l’une des grandes figures de la gauche latino-américaine, pourrait devoir bientôt lui aussi céder le pouvoir. Une pétition ayant recueilli 1 850 000 signatures de personnes inscrites sur les listes électorales a été remise ce 4 Mai au Conseil national des Elections du #Venezuela, appelant à l’organisation d’un référendum pour destituer le Président Nicolas Maduro, ancien Vice-président sous Hugo Chavez, et qui a succédé en 2013 au chef de l’Etat décédé d’un cancer. Non moins de quatre-vingts cartons les contenant ont été déposés à la haute instance.

 

Pour déclencher cette procédure, la loi vénézuélienne exige que, lorsque le chef de l’Etat a accompli au moins la moitié de son mandat, celui de Nicolas Maduro expirant en 2019, 1% des électeurs inscrits signent sous trente jours une première pétition, puis 20% en signent sous trois jours une seconde, ouvrant la voie au référendum d’ici la fin de l’année en cours. En pareil cas, s’il est recueilli pour la destitution un nombre de voix égal ou supérieur à celui des votes s’étant portés sur le Président en poste lors de sa dernière élection en date – soit, pour Nicolas Maduro, 7 587 579 voix –, celui-ci est banni du pouvoir. Comme le précise United Press International, 10% des inscrits ayant signé la pétition initiale, la première étape est aujourd’hui largement acquise.

 

Une première bataille perdue en justice

 

Cette victoire de la Table de l’Unité démocratique (Mesa de la Unidad Democrática, MUD), parti d'opposition à Nicolas Maduro, intervient peu après que le parti a échoué à faire reconnaître par le Tribunal suprême de Justice la validité d’un amendement constitutionnel réduisant le mandat présidentiel de six à quatre ans. Ayant reconnu l’amendement en soi conforme à la Constitution, la Cour l’a néanmoins invalidé, rapporte United Press International, car il visait spécifiquement le mandat présidentiel en cours. Les législatives de Décembre 2015 ayant donné à la MUD une majorité à l’Assemblée nationale, chambre unique du parlement vénézuélien, l’amendement avait été adopté sans difficulté.

 

L’opposition résolue – mais trop confiante ?

 

Jesús Torrealba, Secrétaire exécutif de la MUD, n’a malgré tout aucune raison de pavoiser, car s’il a remporté auprès du Conseil national des Elections la victoire que le Tribunal suprême de Justice lui avait refusée, l’étape suivante prévue par la loi risque de s’avérer pour lui autrement plus problématique. "A travers cette stratégie que nous voyons couronnée de succès, la MUD progresse dans sa campagne pour réussir en urgence le changement politique à travers des moyens strictement pacifiques et constitutionnels", a déclaré Jesús Torrealba à United Press International. Mais cet optimisme semble prématuré.

 

Non seulement le Conseil national des Elections a ordonné à la MUD, en dépit même du nombre impressionnant de signatures recueillies, d’attendre le plein délai légal de trente jours, ce même s'il est devenu sans objet ; mais pour recueillir les signatures de 20% des électeurs inscrits qui lui permettront d’exiger un référendum, soit quatre millions de parrainages, la MUD ne disposera que de soixante-douze heures. Or, l'histoire politique récente ne lui donne droit à aucun excès de confiance.

 

Depuis la première élection de Hugo Chavez à la présidence en 1998, jamais l’opposition n’a pu s’imposer dans ce qui est devenu la République bolivarienne du Venezuela. Après avoir mis en échec un coup d’Etat contre lui en 2002, Chavez avait lui-même fait l’objet d’un référendum sur sa présidence en 2004, dont le résultat, négatif à 58%, l'avait conforté à la tête de l’Etat.

 

En 2015, la population exigeait des législatives au Venezuela

Deux ans après la mort de Chavez, le bilan #Président de la République #Démocratie