#Israël est une #Démocratie politique, se vantant d’être la seule du Moyen-Orient. Mais en est-il encore ainsi pour longtemps ?

Après la démission le 20 Mai du Ministre de la Défense Moshe Ya’alon, membre du Likoud, le poste revient à l’un des hommes politiques les plus controversés d’Israël, Avigdor Liberman, deux fois Ministre des Affaires Etrangères entre 2009 et 2015.

Président-fondateur du parti de droite nationaliste Yisrael Beytenou, «Israël, notre foyer», il affiche des prises de position extrêmes jusqu’à la caricature, ayant par exemple déclaré le 10 Juin 2015 que les Arabes israéliens qui «ne sont pas fidèles» au pays méritaient d’être «décapités à la hache» et que toute personne dénonçant la politique d’Israël envers les Palestiniens devait être «condamnée à mort».

Une nomination qui ne peut que renforcer des inquiétudes déjà vives pour les libertés en Israël, mises à mal depuis plusieurs années par le Likoud au pouvoir, qui y réintègre donc aujourd'hui Yisrael Beytenou en dépit même d'une brouille depuis Juillet 2014 entre Avigdor Liberman et Benyamin Netanyahou.

Le sort des Palestiniens plus que jamais tabou

Sans surprise, le thème le plus brûlant est celui des Palestiniens et des implantations dans les Territoires occupés.

Sur le sujet hypersensible du boycott, auquel appellent certaines organisations en Israël même – et qui divise en Occident, la France l’ayant déclaré illégal cependant que le Canada s’y est refusé –, la Knesset a adopté le 11 Juillet 2011 une loi en pénalisant la promotion, démarche inédite dans l’Etat hébreu. «Cette loi fait honte à la démocratie,» avait déclaré au quotidien Haaretz le député Meretz (gauche) Nitzan Horowitz, «et va amener le monde à se demander si Israël est toujours bien une démocratie».

En Août 2014, alors que Tsahal, l’armée israélienne, se livrait à Gaza à une opération militaire lourde intitulée «Bordure protectrice», vivement critiquée à travers le monde ainsi qu'en Israël, ce fut B’Tselem, organisation pour les Droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens, qui se vit privée du droit d’accueillir des objecteurs de conscience en service civil alternatif, les autorités estimant que celle-ci, comme le relatait The Guardian, «incitait à l’hostilité envers les forces armées». Ce droit fut rendu à B’Tselem en Octobre 2014, mais le précédent était là.

Une loi sur les ONG «à la russe»

Et les autorités semblent avoir choisi de bâtir sur cette première fois, avec l'adoption en première lecture par la Knesset le 9 Février dernier d’une loi obligeant les ONG recevant plus de la moitié de leurs fonds de l’extérieur d’Israël à le déclarer publiquement.

Une proposition initiale, abandonnée à la demande de Benyamin Netanyahou, exigeait même qu’elles portent une marque l’indiquant, comme par exemple en Russie où les ONG concernées doivent arborer le dégradant logo «Agent de l’étranger».

Bien qu’aucune ONG n’ait été citée en particulier, celles œuvrant en faveur des Palestiniens telles que B’Tselem, La Paix Maintenant, Gisha et Breaking the Silence ont fustigé une manœuvre visant à les étouffer, soulignant que nombre d’ONG de soutien à la colonisation s’appuyaient sur des financements privés provenant des Etats-Unis et n’en seraient quant à elles pas affectées. D’autant que, quatre jours auparavant, les quatre ONG avaient dénoncé lors d’une conférence de presse de récents actes de harcèlement et menaces de mort envers leurs membres.

L'armée, le «quatrième pouvoir» en Israël

Le retour aux affaires dans un tel contexte de Yisrael Beytenou à travers Avigdor Liberman laisse donc craindre le pire, a fortiori au ministère contrôlant l’armée, souvent présentée comme le «quatrième pouvoir» en Israël.

Le travailliste Amir Peretz, dernier Ministre de la Défense en date à n'avoir, comme Liberman, jamais été général de Tsahal, avait dû démissionner en 2007 suite au fiasco pour Israël du conflit meurtrier avec le Hezbollah libanais de l’été 2006.

Attentats à l'arme blanche en Israël

La Palestine membre de la CPI #Racisme