Il y a deux ans, je me suis rendue en #Inde du Nord. Et il faut croire que je suis bien masochiste, car je retourne dans le Sud cette fois-ci, en Octobre prochain, pour entre autres Diwali, le nouvel an indien. Bien sûr, il y a le fameux choc culturel, ce presque traumatisme éprouvé devant l'indolence indienne et le fatalisme typique de ce pays. Bien sûr, la pauvreté se mêle à la richesse, le passé au présent, la laideur avec la beauté. Tout cela, il faut l'apprendre et bien sûr l'accepter avant se rendre là-bas. Et même psychologiquement bien préparé, en tant que simple touriste occidental, on ne cesse de trembler, que ce soit de douleur, de fatigue, de stupeur ou d'émotion.

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Comme tout un chacun, j'ai bien entendu visité l'incontournable Taj Mahal. Et bien, croyez-moi ou non, toutes les images d'Epinal que vous avez au sujet de ce monument dédié à l'amour d'un souverain pour son épouse défunte, c'est du flan de la plus belle espèce ! Dès l'entrée, les premiers contrôles sécuritaires passés, on est frappé par les poubelles qui débordent, les parterres de gazon jonchés de détritus, l'odeur de pourriture, ainsi que les effluves de pollution. Les touristes, indiens mais aussi moyen-orientaux, européens et américains, se bousculent autour du monument sacré, faisant fi de l'espace vital nécessaire de leur voisin. Mais, me direz-vous, ce ne sont que broutilles ! Je vous l'accorde de bonne grâce.

 

Le lendemain, après la visite dite "officielle" de cette nouvelle Merveille du Monde, j'ai eu l'occasion d'aller de bon matin dans les bidonvilles, derrière le fameux monument érigé en l'honneur de Mumtaz Mahal.

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J'y ai vu, au milieu des rus à demi-asséchés, grouillant de saleté, des gosses, des petits Intouchables, des parias comme on dit là-bas. Ils y jouaient... à ma grande surprise, comme tous les mômes du monde !

 

Nous étions sept à nous être aventurés par là, sept bons belges, teint blanc garanti. Et nous nous attendions à être, bien entendu, sollicités par ce que nous prenions pour des petits mendiants. Il n'en fut rien. Mais une petite fille, âgée de sans doute 6 ou 7 ans, était assise calmement, à confectionner des colliers et des bracelets avec des perles de fortune. Quand elle me vit, elle me jeta un regard affectueux, me tendit un de ses colliers en criant : "For you ! Just for you !". Ce ne fut pas sa pauvreté ni son visage (qui était d'une grande beauté) qui m'émurent tant. C'était ce cri de pure chaleur humaine, d'affection gratuite...

 

Confuse, presque en larmes, je pris le collier et lui donnai tout ce que j'avais comme roupies sur moi. La petite me dévisagea avec étonnement...

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Elle ne voulait pas me le vendre, mais bien me le donner ! Je finis par lui faire accepter ma contrepartie, arguant que si ce n'était pas pour elle, elle pourrait très bien l'utiliser pour ses frères ou ses parents. Ce collier n'a, depuis, plus jamais quitté ma table de nuit. Où que tu sois, petite paria, quels que soient ton nom, ton présent et ta destinée, sache que tu seras à jamais présente dans mes pensées...

 

L'Inde, ce pays où le sexisme est roi

L'Inde de demain dépassera-t-elle la Chine ?

  #Enfance #Asie