Une chose est connue : les relations entre le continent africain et l’Europe sont traversées par des incompréhensions sur la façon de faire, mais surtout de réaliser le développement. Les pays africains pensent que l’Europe souhaite asseoir un néocolonialisme. Pour l’Europe les pays africains sont si préoccupés par la chose politique qu’ils oublient de valoriser le développement économique. De Obama en passant par les entreprises chinoises, jusqu’à l’ancien Ministre Borloo, la question de l’électrification de l’Afrique est traitée par autrui. Les Africains, comme d’habitude enclins à l’enthousiasme et au débordement de joie sans limite pour les biens publics faits par autrui, sont très peu préoccupés par la relation entre électrification et développement.

 

Il faut réintroduire dans la tête des Africains et dans leur gouvernance politique que, sans électrification complète et totale du continent, point de développement réel et durable pour l’#Afrique. Les Africains parlent volontiers de monnaie pour l’Afrique, sans toujours mettre en balance avantages et inconvénients et sans méditer sur les exemples désastreux de certains pays qui ont adopté leur propre monnaie comme le Zimbabwe, la RDC et le Nigéria.  Comment peut-on être maître de sa monnaie tout en acceptant que le dollar ait cours légal dans le pays, ce qui oblige les populations du Zimbabwe, de la RDC et du Nigéria à choisir la vraie monnaie (le dollar) contre les fausses monnaies des différents pays cités ?

 

La monnaie est importante pour la souveraineté, l’électricité est la première des souverainetés à conquérir. Il reste aux Africains à valoriser l’électrification de l’Afrique en traitant au fond les questions relatives aux ressources humaines, technologiques, financières, afin de valoriser les abondantes ressources énergétiques (hydrocarbures, uranium, bassins hydroélectriques) dont regorge l’Afrique. L’Afrique ne doit pas avoir honte de faire appel à des experts étrangers de renom, capables de réfléchir sur les mix énergétiques dont peut avoir besoin l’Afrique. Ces experts doivent participer à une formation réelle des ressources humaines africaines et contribuer à la mise en service du barrage de Inga en RDC, dont on parle depuis des lustres et qui, par son potentiel, peut contribuer au développement industriel et durable de toute l’Afrique. Les Africains ne maîtrisent ni la technologie, ni les ressources humaines et encore moins le savoir-faire.

 

Les compagnies européennes comme Enel (Italie) en 1990 et 2005, et EDF (France) en 1997 ont mené des études de faisabilité et estiment que le coût total du projet est de l’ordre de 100 milliards de dollars (50 milliards pour la construction et l’amélioration du barrage) et 50 milliards pour le système de transmission. L’Afrique doit dépasser les discours verbeux et interminables sur la chose politique qui est certes importante, mais qui ne doit pas cacher les manques et les lacunes de l’Afrique en matière de développement : l’absence d’électrification de l’Afrique.

Il reste aux Africains de créer une compagnie d'électrification africaine avec une participation au capital de chaque Etat et une part minoritaire aux pays étrangers. Des techniques de constitution de capital spécifique existent, tant sur le plan juridique, que sur les plans politiques, économiques et financiers. Il reste à s'en servir et sortir des lamentos permanents qui deviennent agaçants pour les Africains et pour la communauté internationale.  #Union Européenne #Développement durable