La liberté d´expression et celle corrélative de la presse sont des droits acquis depuis la première Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. À ce jour, qui n´a jamais explosé de rage en se sentant opprimé, étouffé, emprisonné dans un monde d´injustes non-dits ? À ce jour, qui n´a jamais explosé de rage en lisant des pages rédigées par des journalistes de métier clairement soudoyés ?

 

"A blast" signifie, justement, en anglais, explosion. Par extension, un Blaster serait un explosif. Un explosif d´illuminations, d´opinions virevoltantes de par l´univers, libre de toutes les perversions liées à la mondialisation.

 

Un Blaster tunisien

 

La Révolution tunisienne n'a pas légué au peuple tunisien tout ce à quoi il aspirait. Les enjeux de l´euphorie nationale propulsée par celle-ci sont exposés à des risques majeurs tant sociopolitiques qu'économiques. Comme le disait Abraham Lincoln: "La démocratie, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple". Ainsi il nous reste notre Voix, la Voix du peuple  tunisien, le seul acteur qui pourra sauver son pays et se sauver lui-même des ténèbres.

 

En tant que jeune littéraire, je n´ai trouvé aucun moyen de me faire entendre et c´est la que je suis tombée sur #Blasting News. Alors même que la liberté d´expression en #Tunisie est, jour après jour, mise en péril, je me suis jurée de ne plus jamais me taire. Dernièrement, une poursuite judiciaire, a secoué le pays.

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Un poète hispaniste tunisien, Mohamed Doggui, a été injustement poursuivi en justice pour diffamation et malgré l´appui d´un grand nombre d´intellectuels il n´a pas eu gain de cause.

 

Reflet d´un système judiciaire corrompu ? Mohamed Doggui m´a confié qu´il continuerai à défendre le seul trésor déterré par le Printemps Arabe, la libre expression. Et je décide de me joindre à lui en devenant Blaster. Un Blaster tunisien pourrait avoir un profil bien particulier : jeune, frustré de ne pouvoir crier, il décide de rédiger, rédiger pour se libérer mais avant tout pour rompre les préjugés et mettre un point virgule, si ce n´est final, aux réseaux médiatiques tunisiens abîmés.

 

14 juillet 2016, Nice, plus de 80 morts

 

Des dizaines d´articles, de vidéos qui déchiquettent l´âme circulent sur le net. En tant que Blaster tunisien qui vient d´apprendre que le conducteur du camion était lui-même tunisien, je voudrais partager quelques ressentis. En toute honnêteté, des circonstances récurrentes me tranche l´âme en deux.

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 Honteuse et fière d´être tunisienne.

 

Honteuse car tous les tragiques évènements qui terrassent le monde entier sont liés de près ou de loin aux extrémistes islamistes. Je comprends dans ce sens le recours à la facilité de la plupart des xénophobes qui se multiplient et qui mettent tous les musulmans dans un même sac d´obscurantisme. Gardons toujours tout de même à l´esprit qu´hélas les attentas terroristes n´ont jusqu´à ce jour épargné aucune ethnie.

 

Mais je suis également fière. Je suis fière d´être tunisienne, d´être musulmane et de pouvoir compatir avec toutes les familles des victimes de la tragédie d´hier soirJe suis fière de pouvoir parler au nom de tous ceux qui font la différence, au nom de tous les musulmans tunisiens qui pleurent la tragédie des feux de détresse commémorant la prise de la Bastille.

 

Je suis fière de pleurer le sort de mon pays qui de part sa décadence est associé à tous les événements macabres de ce millénaire. Malgré tout, au plus profond de mon être, moi, j´essaie de relativiser et je fête la fête nationale française car je suis une tunisienne à qui la langue de Molière a donné un sens à son existence.

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Si mes propos sont d´une grande ambivalence, celle-ci est humaine: “Certaines natures ne peuvent aimer d'un côté sans haïr de l'autre”. (Victor Hugo) #Attentat de Nice