La majeure partie des problèmes sociaux connus aujourd'hui en Afrique subsaharienne existaient dans l'Europe du 19ème siècle. Les solutions que l'Europe a trouvées à ces différents problèmes peuvent inspirer l'Afrique. Aussi, avec moins de passion, et un peu plus de réalisme, plusieurs difficultés qui relèvent de la rubrique des scandales en Afrique moderne seraient dédramatisées et résolues. C'est le cas du travail des enfants, considéré aujourd'hui comme un fléau, et dont la lutte constitue un label de bienveillance à l'échelle internationale.

 

L'histoire de la France et même l'histoire de l'Europe au 19ème siècle nous révèle pourtant que le travail des enfants ne constituait pas un problème au 19ème siècle.

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A ce sujet, un petit livre est intéressant. C'est celui écrit par Bénédicte Manier, Le travail des enfants dans le monde, 3e éd., Paris, La Découverte, "Repères", 2011. Dans ce livre, l'on découvre qu'au 19ème siècle et même avant, le travail des enfants en Italie, en France, en Grande Bretagne et partout en Europe n'était pas interdit. Au contraire, le travail des enfants était légal, encouragé !

 

D'après l'auteure, les patrons de la révolution industrielle souhaitaient même employer les enfants. En effet, selon l'auteur, les enfants constituaient une main d’œuvre à bon marché par rapport aux adultes ! Les enfants travaillaient dans les mines, les usines, les plantations en même tant que les adultes, mais n'avaient qu'un tiers du salaire officiel !

 

Poursuivant, l'auteure nous apprend que la révolution bourgeoise considérait même que le travail des enfants était un facteur de paix sociale et de lutte contre l'oisiveté et donc la délinquance juvénile.

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Bénédicte MANIER donne un chiffre effrayant : à Londres, au 19ème siècle, l'on comptait 120 000 enfants au travail !

 

Quelle a été la solution à ce fléau qu'est le travail des enfants ?

 

Réponse : l'école gratuite et obligatoire. Et plus tard, les allocations familiales pour permettre aux parents de nourrir leurs enfants, de les soigner et les habiller sans que ces derniers n'aient à travailler. C'est la seule solution qui s'est avérée efficace.

 

Les limites de la répression

 

Quant à la solution de la répression comme par exemple le recrutement de forces de l'ordre pour traquer les parents d'enfants travailleurs, elle a montré ses limites car elle est à l'origine de la propension du travail infantile clandestin. Or, nous le savons tous, si le travail des enfants est un danger sanitaire pour ces derniers, le travail clandestin des enfants est quant à lui une catastrophe ! En effet, il constitue un facteur de risque aggravant pour l'enlèvement et la disparition des enfants, la mise en péril de leur vie, précise Bénédicte MANIER. Cela veut dire que la répression est à proscrire dans la lutte contre le travail des enfants, la répression, n'est pas la solution au travail des enfants, c'est un problème.

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Le travail des enfants en Afrique, une lutte sans moyens

 

La lutte contre le travail des enfants en Afrique est une initiative louable. Mais, elle ne s'accompagne pas de moyens pour les parents. Par exemple, dans plusieurs pays africains, les allocations familiales n'existent pas. Les parents démunis ne peuvent pas dans ce cas, renoncer au travail des enfants. Une famille nombreuse a besoin de la contribution de tous ses membres pour faire face aux besoins de tout le monde. Ainsi, les enfants aident aux tâches ménagères pour soulager leur mère car il n'existe pas d'appareils électroménagers dans les zones rurales et les bidonvilles.

 

Tout est fait à la main par la maîtresse de maison. Les enfants sont chargés d'aller puiser de l'eau au marigot ou au puits, couper du fagot car il n'existe pas d'eau courante ni de cuisinière à gaz dans les campagnes. Les familles nombreuses demandent une quantité élevée d'aliments. Les enfants participent aux activités agricoles pour accroître la production. D'où, l'intérêt des allocations familiales aux parents. L'Afrique y songe-t-elle ? #Ecole #Enfance #Crise économique