Depuis l’hymne à la démocratisation décidé par François Mitterrand dans les années 1990 pour les anciennes colonies françaises d’#Afrique, la plupart des pays africains francophones ont beaucoup de mal à respecter les principes et le fonctionnement de la #Démocratie. Une question se pose : faut-il un modèle spécifique à l’Afrique pour expérimenter les voies de la démocratisation des processus politiques, institutionnels, économiques et financiers, ou l’Afrique ne devrait-elle pas, quoi qu’il lui en coûte, suivre la voie commune d’une démocratie universelle ?  La question mérite d’être posée car, dans la plupart des pays africains francophones où se sont tenues récemment des élections présidentielles (Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Tchad, Burkina-Faso, Gabon en août et RDC un peu plus tard) il y a une contestation des résultats.

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Ces contestations insistent sur un point : la démocratie n’est qu’un subterfuge pour permettre aux familles régnantes dans la plupart des pays francophones cités en avant, de continuer à rester au pouvoir avec la bénédiction de la France qui tiendrait un discours ambigu. Pour les oppositions politiques et une partie de la population, le processus de démocratisation est manipulé car il vise, avant tout, à valoriser des stratégies identitaires et claniques. Face à ces accusations les Présidents élus opposent une fin de non recevoir en mettant l’accent sur les notions d’unité, de concorde civile et du respect des institutions. Où se trouve la vérité et comment la démocratie arrive-t-elle, peu ou prou, à exister auprès des populations et des sociétés civiles et politiques très peu habituées au processus de démocratisation dominé par les notions de liberté de choix et de vote ?

 

On peut tenter une approche provocatrice : et si la stratégie tribale, identitaire, clanique était un moyen de fonder le pouvoir avant de l’ouvrir aux autres cercles qui sont en allégeance vis-à-vis du pouvoir ? C'est le problème en Afrique, malgré les désaccords politiques entre majorité et opposition, les alternances politiques sont d’abord vécues comme la victoire d’un clan tribal contre un autre, même si pour brouiller les cartes les différents vainqueurs disent ne pas être complices du clanisme et du tribalisme et œuvrent pour la majorité des populations nationales.

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C’est un débat difficile à ouvrir, mais c’est un point de départ pour une nouvelle approche dans les sciences sociales de valoriser les prolégomènes spécifiques des débats sur le processus de démocratisation en Afrique.

 

Les pays africains s’appuient uniquement sur l’aspect politique et délaissent l’analyse économique. Sans force économique et financière réelle, les processus de démocratisation politiques sont voués à l’échec et ne sont que des artefacts d’intelligence académique car, dans la réalité, ce sont le clanisme et le tribalisme qui reviennent. Ceux qui sont au pouvoir doivent composer avec les forces financières étrangères et donc ne sont pas libres pour asseoir totalement leur politique. Le débat clanique dans les processus de démocratisation doit être un point de départ pour ouvrir un débat cloisonné selon les critères occidentaux et l’amener vers un processus plus humaniste dans lequel les Africains ont leur stratégie, leur façon de regarder le monde. Il ne s’agit pas de fuir la démocratie athénienne, ainsi que ses principes de fonctionnement, mais de montrer que les Africains peuvent être capables de produire des modèles intelligibles sur les plans institutionnel et politique, comme le font les Chinois ou d’autres pays du monde non occidentaux.

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Le problème des Africains est que nous sommes dominés intellectuellement et que nous acceptons cette domination.

 

Que les intellectuels africains questionnent les concepts, regardent les principes que l’Occident met à leur disposition, choisissent des éléments d’analyse pour le bien être des populations africaines. Pourquoi serions nous condamnés à être remorqués toujours et de façon permanente par les autres ?   #Révolution