On ne sait pas s'il faut en rire ou si au contraire, il faut en pleurer, mais une chose est sûre, c'est qu'en #Afrique subsaharienne, les obstacles de progrès dressés sur le chemin des #Femmes sont en grande partie l’œuvre d'autres femmes. Prenons pour exemples, l'excision et l'#Esclavage moderne.

 

1) L'excision des filles

 

L'excision, cette pratique archaïque qui ne suscite que réprobation et condamnation dans la société moderne perdure à cause de la complaisance des femmes qui en ont été victimes, et à cause de la fébrilité de leur détermination à la combattre sincèrement. Pour exemple, dans les pays où cette pratique est courante, non seulement les associations de lutte pour son éradication ne sont pas nombreuses, mais encore, l'engagement sincère des femmes pour sa disparition est quasi-inexistante. Ainsi, il est rare d'entendre dans la presse, que des associations féminines se sont mobilisées dans tous ces pays pour demander l'abolition de l'excision.

 

Plus parlant, les femmes parlementaires de ses pays n'ont jamais osé déposer au parlement, une proposition de loi demandant l'anéantissement de cette pratique. Non plus, les femmes ministres de ces pays n'ont jamais présenté de projets de loi au gouvernement tendant à la disparition de l'excision. Partout, c'est le mutisme total des femmes, comme si elles n'ont jamais souffert de ce fléau, comme si cette pratique faisait leur bonheur. Plus étonnant, les femmes ont une très grande part de responsabilité dans la pratique de l'excision, car, l'excision est faite par des femmes. Autrement dit, pour qu'une femme soit excisée, cela demande une exciseuse qui tienne entre ses mains, la lame qui va mutiler. En clair, l'opération de l'excision se déroule entre femmes, et ce sont des femmes qui mutilent d'autres femmes.

 

2) L'esclavage moderne : l'exploitation de la jeune fille par la femme

 

En Afrique, l'esclavage moderne consiste à rendre les jeunes filles corvéables à merci au sein des familles urbaines. Là, les fillettes accomplissent des tâches ménagères : garde d'enfants, ménage, cuisine, vaisselle, ..., soit de façon gratuite sauf à être nourrie et logées, soit contre une modique somme versée à leurs familles.

 

L'exploitation des jeunes filles par les femmes a connu un essor au lendemain des indépendances des pays africains. A cette époque, l'Afrique connaissait la deuxième génération des femmes intellectuelles africaines après la génération de l'époque coloniale. La particularité de ces femmes africaines intellectuelles, c'est qu'elles voulaient en même temps être mères, et avoir une carrière professionnelle bien remplie. Elles faisaient donc beaucoup d'enfants, mais, elles ne s'en occupaient pas. Elles ne faisaient que concevoir, porter la grossesse et accoucher. Tout le reste incombait aux jeunes esclaves modernes qui prenaient à charge les bébés depuis le berceau. Les fratries étant nombreuses à cette époque, le calvaire des filles des familles pauvres a été insupportable. Parfois, le bébé n'est pas encore entré en Maternelle qu'il a un petit frère ou une petite sœur. Ainsi de suite. Les fillettes, esclaves modernes devaient s'occuper de la ribambelle avec leurs petits bras et leurs petits corps, alors qu'elles-mêmes sont des enfants.

 

3) Pourquoi les esclaves modernes étaient si jeunes ?

 

L'âge des fillettes esclaves modernes variait entre 8 ans et 12 ans. En effet, la maîtresse de maison les voulait ainsi pour éviter des rivales encombrantes. Par conséquent, lorsqu'elles atteignaient l'âge de 15 ans à 16 ans, elles étaient mises à la porte sine die, pour rejoindre leurs familles, les mains vides, sans formation, sans instruction, sans diplôme et laissées sur le pavé. Malgré d'énormes services rendus, elles ne bénéficieront en contrepartie d'aucune formation professionnelle qui puisse leur permettre de s'insérer dignement dans la société. Une fois mise à la porte, elles seront remplacées très vite par une autre gamine de 8 à 12 ans. Encore au 21ème siècle, rien n'a changé.