Pour le touriste qui arrive pour la première fois au #Cameroun par l’#Aéroport international de Douala, il ne sera pas surpris de constater que les agents et fonctionnaires de cet aéroport sont presque tous des corrompus.

De la descente de l’avion, en longeant le long couloir qui mène vers la salle des bagages, tous les agents qui écument ces lieux ne brûlent pas d’imagination pour vous « grignoter » quelques billets de francs CFA ou d’euros et pour cause… La #Corruption

Quand vous descendez de l’avion, des inconnus vous accostent et vous demandent si vous n’avez pas d’objets de valeurs dans votre sac à main. Ils affirment qu’ils sont tous des douaniers.

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A la première fouille, vous êtes obligés de payer presque 10 euros pour un appareil photo voire même plus. Ces sommes payées n’ont pas de trace car aucun reçu n’est délivré.

Toujours dans le même couloir qui mène dans la salle d’attente des bagages, la police des frontières vérifie si vous avez bien rempli les formalités de voyages. Si ce n’est pas le cas, vous êtes obligés de quitter la file pour vous mettre de côté en attendant qu’elle puisse négocier avec vous.

Pour ceux qui sont en ordre, ce n’est pas tout. Un agent du ministère de la santé publique scrute plus loin les certificats internationaux de vaccination. En cas de manquement, vous payez sur place 15 euros pour un vaccin qui ne coûte pas 10 euros. Dans le cas échéant, vous lui glissez « ce que vous avez » comme argent, pourvu qu’il vous laisse quitter la salle.

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L’autre calvaire commence avec la récupération de vos bagages

Une fois de plus, la douane est là. Que vos valises soient protégées avec des films transparents ou pas, ils vous obligent à les ouvrir, les fouillent de fond en comble. Malheur à vous si vous avez des objets de valeur dans ces valises. Si tel est le cas, vous êtes obligé de monnayer votre sortie de cette salle. Le montant ici est discret et varie en fonction du contenu de vos bagages. Une fois à l’extérieur de l’aéroport, vous pouvez lancer un ouf de soulagement tout en attendant le jour du départ du Cameroun.

Et la sortie du territoire camerounais ?

Au départ du Cameroun, le voyageur se soumet à une inspection de ses bagages. S'il sait d'office qu’il porte dans ces bagages des objets interdits de sortie du Cameroun, il s'arrange avec des complicités diverses à "huiler tout le réseau", c'est-à-dire corrompre.

A la pesée des valises, le voyageur qui sait d’office qu'il possède un excédent de bagages, glisse sciemment un billet de 5000 francs CFA voire plus dans son passeport avant de le remettre à l’agent.

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Le tour est joué et tout se passe normalement devant les yeux inconscients des voyageurs qui ne sont pas informés de cette pratique.

Pour les autorités aéroportuaires du Cameroun que nous avons pu rencontrer, la corruption et les trafics ont cours à l’aéroport international de Douala parce que certains voyageurs pressés et qui connaissent peu ou rien de leurs droits sont prompts à se soumettre au diktat de certaines personnes qui sillonnent les couloirs.

Que dire de ceux qui voyagent avec des espèces animales menacées et protégées ?

Au départ de Douala, bien avant toute formalité, le voyageur devra se rapprocher du fonctionnaire du ministère des forêts et de la faune pour entrer en possession du document relatif à l’autorisation d’exporter. Ici tout se limite à la paperasse car il faut payer entre 4 000 et 6 000 francs CFA (9,16 €) pour avoir ledit papier. Le contenu des bagages n’est pas inspecté. L’exportation massive des produits fauniques échappe ainsi à la législation

Dans quelques mois, le Cameroun accueillera la Coupe d’Afrique des Nations de football version féminine. Si cette situation de corruption perdure à l'aéroport de Douala, elle pourra pénaliser les compagnies aériennes car, certains passagers risqueraient de voyager par voie de route à partir des villes limitrophes, par exemple, espérant ainsi se soustraire au diktat des corrupteurs de l'aéroport de Douala.