Le commerce du safou (sorte de prune, fruit du safoutier) s’est développé au cœur de Muyuka, bourgade située dans la région du sud-ouest du #Cameroun, sur l’axe reliant la ville de Buea à celle de Kumba.

Une bonne frange de la population qui y a élu domicile à Mile 8 de Muyuka depuis quelques années, mène une existence plutôt tranquille et gagne sa vie dans le commerce du Safou.

Dans cette bourgade, c'est avec un engouement non dissimulé que les populations chaque jour se donnent rendez-vous à Mile 8 où des gargotes du coin sont réputées comme étant des boîtes de rencontres diverses. Les files de voitures et des personnes à l'affût du safou sont devenues les images que l’on peut découvrir ici et là.

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Ambiance

Il est 16 heures lorsque nous arrivons au lieu dit Mile 8 à Muyuka. Efosi Martha, "Mami Ma" comme on l'appelle dans le coin, est assise devant un comptoir construit à quelques dizaines de mètres de la route reliant Muyuka à Kumba. Elle porte un T-shirt sur lequel on découvre à peine l'image de l'ancien chef de l'Etat camerounais qui a perdu tout éclat, lui-même couvrant un jeans noirci par les traces de la sève du safou. Elle tient en main deux petites bassines sur lesquelles elle a pris le soin d'inscrire le prix des #Safous qu'elle expose tout en vantant la qualité auprès de ses clients.

D’un regard flatteur et doux, elle ne cesse d'accoster ceux qui se pavanent autour de sa marchandise. Elle utilise toutes les astuces pour les appâter.

Un peu plus loin, à un jet de pierre de son comptoir, se trouve un groupe de femmes assises qui s'activent à rôtir les safous qu'elles remettent à leurs progénitures afin qu'ils les revendent aux voyageurs en escale ou aux habitués du coin.

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Toutes ces femmes sont présentes à Mile 8 depuis 6 heures du matin, accompagnées de leurs enfants qui ont soit abandonné l'école soit encore qui ont dû profiter d'une journée fériée ou des vacances scolaires pour donner un coup de main à leur maman.

Comme "Mami Ma", plusieurs vendeuses parcourent les campagnes à la recherche des safous qu'elles achètent en gros pour les rendre en détail auprès d'autres vendeuses. Toute une filière a été mise sur pied autour de ce fruit tant prisé en Afrique centrale.

Pour éviter la monotonie dans leurs marchandises, plusieurs d'entre elles vendent à côté des safous d'autres produits alimentaires prêts à la consommation tels la banane plantain cuite au charbon, le maïs braisé selon les saisons, les arachides grillées ou bouillies, etc.

A Muyuka une intense activité commerciale s’est développée autour des fruits. Selon une vendeuse qui s'est confiée à nous, son activité est au ralentiedepuis que la route reliant Muyuka à Kumba a été refaite. Il y a de cela quelques années, elle retournait chez elle le soir avec une recette oscillant autour de 10 000 francs CFA (15 euros).

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A ce jour, c'est à peine si elle atteint la barre de 5 000 francs CFA (7,50 euros), à cause de la fluidité du trafic routier. Toujours selon elle, ses clients les plus fréquents sont des voyageurs et des conducteurs de moto-taxis.

Dans cette partie du territoire camerounais, le commerce de produits alimentaires n'est pas négligeable pour ceux ou celles qui s’y mettent. L’on a même vu à Muyuka des familles entières s’investir dans cette activité.