Au lendemain de l’attentat par K. B., un Algérien de 33 ans, à Charleroi, #Donald Trump a encore une fois évoqué Hillary Clinton en laissant entendre que son élection favoriserait l’implantation de #Daesh aux États-Unis. L’attentat qui a grièvement blessé une policière, prénommée Hakima, au visage, a été revendiqué en termes vagues par l’agence Amaq. K. B. serait, "selon une source interne", l’un des soldats du Califat. Ni la photo, ni l’identité de K. B. n’ont été dévoilées par l’agence, ce qui laisse place à un sérieux doute quant aux liens que l’Algérien entretenait avec un réseau terroriste. Qu’à cela ne tienne, Trump ne rate pas une seule occasion d’associer les noms de Clinton et de Daesh.

 

Hillary en prison, ou à l'asile ?

"Isis nous voit les gars. Ils rêvent d’Hillary Clinton. Ils la regardent et, mon gars, ils salivent, ils salivent. Ils disent que c’est elle qu’ils veulent".  Le thème avait déjà été utilisé par Trump mercredi dernier. Pour lui, Hillary Clinton "mérite un trophée" des islamistes pour avoir favorisé la création du califat, en raison de sa "faiblesse". La foule de ses partisans a alors scandé "qu’on l’enferme !". En sous-main, des sites ou des membres de réseaux sociaux favorables au candidat républicain laissent entendre que Barack Obama organiserait un complot pour laisser entrer des réfugiés syriens et irakiens pour commettre des attentats, donner le prétexte d’instaurer l’état d’urgence, et reporter sine die l’élection. Trump en use et abuse. Alors qu’une députée démocrate a lancé une pétition pour qu’il soit exigé du candidat républicain qu’il subisse un examen psychiatrique, Trump a aussi ajouté qu’Hillary Clinton avait "pété un câble : les gens de ce pays ne veulent pas de quelqu’un qui aura un court-circuit sous son crâne. Pas pour votre président". La pétition dépassera sans doute 25 000 signatures ce dimanche soir. Fin juillet, il avait qualifié de "démoniaque" Hillary Clinton, ayant passé "un pacte avec le diable", après l’avoir désignée "escroc", fournisseuse des parties fines de son époux, "corrompuementeuse compulsive", et on en passe, et des plus corsées.

 

Trump revendique à présent d’avoir pu empêcher la destruction des tours du World Trade Center s’il avait été au pouvoir le 11 septembre 2001. Avant de se proclamer califat, l’organisation syro-irakienne avait adopté diverses dénominations du temps de la présidence Bush. Mais il est vrai qu’Hillary Clinton avait approuvé l’intervention en Libye, en tant que sénatrice de l’opposition démocrate. Trump fléchit dans les sondages, et après avoir proclamé financer entièrement sa campagne par sa propre fortune et une multitude de dons individuels, il fait appel aux (très) riches donateurs traditionnels. Lesquels sont divisés. Pour certains, la perspective d’un nouveau gouvernement démocrate pourrait faire régresser leur parti. D’autres vont jusqu’au point de faire des donations à Hillary Clinton. Des sénateurs, députés ou candidats gouverneurs prennent leurs distances en vue de mener leurs propres campagnes locales sans se référer à un candidat considéré désastreux.

 

Désavoué en termes cinglants

Pour la première fois depuis sa fondation, en 1888, le Harvard Republican Club (qui réunit les ex-alumni de l’université), a diffusé un communiqué dénonçant leur candidat désigné. Une consultation avait précédé cette prise de position : 80 % sont contre Trump, 10 pour, et le solde reste indécis. Le communiqué souligne le risque de son élection pour la sécurité nationale, celui d’une récession et d’une hausse des prix du fait d’une politique économique protectionniste… C’est un fieffé menteur, incompétent, "une menace pour la survie de la République [fédérale] (…) sa rhétorique au vitriol empoisonne l’Amérique". Et "le président Reagan serait navré et honteux de Trump". Mais, selon les politologues, c’est encore trop peu et surtout trop tard, pour infléchir l’élan du candidat et son style de campagne. Trump, entarteur entarté ? Pas sûr. #Etats-Unis