Medan, quatrième ville d’#Indonésie, et capitale de la province insulaire de Sumatra du Nord, a failli être le théâtre d’une tuerie dans l’église catholique de Saint-Joseph. Les fidèles, lors de la messe dominicale, étaient très nombreux et n’ont pas fait attention à un jeune homme de 17 ans, vêtu de blanc, qui a pris place parmi eux, en dépit du petit sac à dos qu’il a déposé à ses pieds. Alors que le père Albert Pandiangan, 60 ans, commençait l’office, l’individu s’est précipité vers l’hôtel et a tenté de mettre le feu à une bombe dissimulée dans son sac. Voyant que la charge n’explosait pas, il a brandi une hache, blessant le prêtre au bras et à la main gauches avant que les personnes des premiers rangs ne parviennent à le maîtriser. L’attaquant est un jeune musulman : la police a pu déterminer son identité grâce au document qu’il portait.

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Ivan Armadi Hasugian avait aussi dessiné un petit drapeau du califat islamique et l’avait placé dans son sac. La police indonésienne a sobrement indiqué qu’au cours de son interrogatoire il avait déclaré qu’il n’avait pas agi seul. Mais il n’a pas indiqué de complices, s’en tenant à la version selon laquelle un inconnu l’aurait abordé pour l’enjoindre à passer à l’action.

 

Un pays déjà éprouvé

Déjà, le 5 Juillet dernier, veille de la fin du ramadan, un djihadiste avait tenté de s’attaquer au commissariat de Solo (ou Sala, Surakarta), dans la province de Java. Cela faisait suite à diverses tentatives d’attentats, en Août 2015, d’un petit groupe de jeunes motivés par un prêcheur islamiste local qui est parvenu à prendre la fuite. L’Indonésie fut, en 2002, à Bali, frappée par un #Attentat de masse (202 morts, dont 88 Australiens) et diverses tentatives revendiquées par Al-Qaeda.

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#Daesh a pris la suite en Janvier dernier, tout d’abord en s’en prenant à la clientèle d’un café Starbucks dans la capitale, Djakarta (4 morts, 23 blessés). Divers djihadistes indonésiens – environ 500 à 600 selon les autorités – ont pu gagner la Syrie mais Daesh encourage désormais davantage les attentats ou attaques sur le sol indonésien. Des cellules de Daesh ont été aussi formées aux Philippines et en Malaisie, au Bangladesh, ainsi qu’à Singapour.

 

Un retentissement incertain

Ces pays sont considérés "dévoyés" par le califat du fait d’une tolérance à l’égard d’autres religions que l’islam. L’Indonésie est le premier pays musulman au monde (200 millions sur 250 millions d’habitants) mais le mouvement Nahdlatul Ulama, qui regroupe environ le quart des musulmans du pays s’est très nettement distancé des mouvements fondamentalistes minoritaires et prêche un islam tolérant et surtout national. De jeunes musulmans ont formé des groupes de contre-propagande sur les réseaux sociaux, dénonçant Daesh, et interviennent dans les écoles coraniques.

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Par ailleurs, les autorités ont mené d'intensives opérations dès après la tuerie de Bali, arrêtant la plupart des meneurs.

Même raté, cet attentat visant un lieu de culte catholique peut en inspirer d'autres, un peu partout dans le monde, selon les mêmes modes opératoires plus ou moins improvisés ou spontanés. Le califat se dispensera peut-être de désigner le jeune homme tel l'un de ses soldats, mais l'injonction de s'en prendre à des religieux d'autres fois ou considérés apostats persiste. En France, des imams sont régulièrement menacés.