Andrew Nagbe, un jeune footballeur libérien ouvertement gay et demandeur d'asile, a été arrêté lors d'un contrôle d'identité de routine qui s'est déroulé pendant la Gay Pride de Stockholm, à la fin du mois de juillet dernier. Il était en compagnie de son petit ami.

Il est actuellement détenu dans un centre de rétention dans l'attente de son expulsion – prévue le 23 août prochain – par les autorités suédoises vers son pays natal, le Liberia. Un pays d'Afrique de l'Ouest où l'homosexualité est illégale et sévèrement punie par la loi. Les homosexuels risquent une peine de prison d'un an ferme ou le paiement d'une lourde amende.

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Andrew Nagbe est arrivé en #Suède en 2013 pour avoir la chance d'être recruté par un club de #Football de première division qui l'avait contacté. Mais n'ayant pas obtenu de contrat, son permis de séjour a été refusé par les autorités suédoises.

En 2014, le Conseil des migrations a décidé que le jeune footballeur, en situation irrégulière, devait être expulsé vers le Liberia, son pays natal. Andrew Nagbe a fait appel de cette décision, par deux fois. Sans succès.

Les deux appels ont été rejetés car les prétentions du milieu de terrain sur son homosexualité et la menace à laquelle il devrait faire face au Liberia seraient des arguments sans fondement et que son histoire n'a « pas été jugée crédible ».

Michael Personn, du Conseil suédois des migrations, a déclaré à la presse : « Notre évaluation est qu'il y a un danger pour les homosexuels au Liberia, avec un risque de harcèlement. Mais il n'y a aucune preuve qu'il existe des risques d'abus de la part des autorités de ce pays ». Quel cynisme !

Les autorités suédoises considèrent donc que les allégations du jeune footballeur qui estime que le fait d'être ouvertement gay pourrait mettre sa propre sécurité en danger en cas de retour au Liberia ne sont pas vérifiables.

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Andrew Nagbe doit présenter de nouvelles preuves pour être en mesure de faire à nouveau appel de son expulsion.

Andrew Nagbe a passé une bonne partie de sa détention à l'isolement car il a tenté de se suicider. Il a déclaré à la presse suédoise qu'il est recherché par la police libérienne, en raison de son orientation sexuelle. Il estime qu'il pourrait écoper d'une peine d'emprisonnement ferme : « En prison, je serai violé et battu tous les jours. […] Tout le monde au Liberia sait que je suis gay, donc ils vont faire ce qu'ils veulent avec moi ».

Au Liberia, l'homosexualité est un sujet particulièrement tabou au sein de la société. Comme dans la majorité des pays africains.

En 2012, un projet de loi introduit par la sénatrice Jewel Howard Taylor – épouse de l'ancien président du Liberia Charles Taylor qui a été condamné à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre – voulait rendre l'homosexualité passible de la peine de mort.

L'#Homophobie prend de plus en plus d'ampleur au Liberia, comme c'est également le cas dans d'autres pays africains.

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Dans de telles conditions, la décision des autorités suédoises d'expulser Andrew Nagbe vers son pays natal est irresponsable et scandaleuse. Elle est totalement dépourvue d'humanité et fait froid dans le dos.