A l’heure où les massacres continuent à semer pleurs et désolation à Beni, les politiques, à leur tour, sèment la haine tribale qui tend à les intensifier. Des déclarations de certains acteurs politiques indexent certains Congolais suite à leur appartenance ethnique présumée moins congolaise que d’autres.

Alors que la loi fondamentale du pays tranche les débats sur la nationalité à son article 10 qui stipule : « La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre. La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle. Est congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo… »

Quid des ethnies Hutu et Tutsi ? Ces deux ethnies occupent principalement les territoires de Masisi et de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.

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Comme d’autres, ces ethnies se sont retrouvées congolaises à l’issue du partage de l’Afrique à la conférence de Berlin en 1885.

Rwandophones, ces ethnies n’ont jamais été adoptées par le commun des Congolais. Leur nationalité est qualifié de douteuse suite à leur usage de la langue rwandaise, chose qui s’explique par l’histoire et leur situation géographique, à la frontière rwando-congolaise.

La nationalité congolaise est une et douteuse

Il suffit de sortir du commun des Congolais pour que naissent mythes et légendes mettant en cause votre citoyenneté. Je ne doute pas une seule seconde que par ce billet, naîtront des débats sur la mienne aussi.

Malgré toute cette clarté de la loi sur la question de la nationalité, les Congolais se divisent toujours sur la nationalité des leurs concitoyens.

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Artistes, footballeurs, musiciens, hommes de l’église, enseignants, officiers de l’armée, politiciens, tous, ont une nationalité douteuse. Même l’actuel président de la République n’est pas congolais, selon la rumeur. Bizarre !

Crises identitaires ou manipulations politiques ?

Depuis plus d’un an, une nuit ne peut s’écouler sans laisser des cadavres derrière elle. La population de #Beni est meurtrie en regardant impuissante son sol se vider de sa population. Ces #Massacres qui étaient, au départ, attribués aux rebelles ougandais de l’ADF/NALU sont actuellement collés aux ethnies rwandophones, principalement aux Hutus.

Alors que le politique congolais devait songer à des stratégies pouvant mettre fin à ces exactions, il jette de l’huile sur le feu en criant tout haut que les massacres de Beni sont perpétrés par les Hutus. Conscient que la population de Beni est en majorité constituée par des Nandes, de telles déclarations sont du genre à conduire à un génocide car ces deux ethnies sont en rivalité permanente.

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La place des politiciens dans ces massacres est désormais claire. Ils sont depuis longtemps soupçonnés d'en être les complices. Le pays s’étant déchiré depuis belle lurette, il est temps de penser à sa reconstruction. Pour y parvenir, nous avons besoin de vivre ensemble comme des frères loin des manipulations qui décrivent l’autre en horrible démon plutôt qu’en notre frère.