Surprise, stupéfaction ! Ce n’est pas la première fois que Trump dément ses propos de la veille, affirme qu’il blaguait, que la presse les déforme. Mais il a enfin exprimé des « regrets » pour des injures lancées « dans le feu de l’action ». Il ajoutait aussitôt qu’il dira « toujours la vérité ». Or, Trump emploie diverses astuces pour dire « sa » vérité. Sa logorrhée, retranscrite, abonde en digressions, sauts du coq à l’âne (changements de sujets) et phrases tronquées. De quoi rendre fou un sténotypiste par son discours totalement abscons. Sauf… Sauf si vous comblez vous-même les vides, opérez la liaison entre un sujet esquissé et un autre.

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C’est typique de New-York. Votre interlocuteur finit vos phrases sur le mode « et je te précède, tu veux dire… ». Trump emploie aussi des formules toutes faites, tirées des argumentaires rabâchés de vendeur d’aspirateurs ou démarcheur en assurances au porte-à-porte. Tout pour vous amener à estimer que lui et vous pensez au final pareil puis à vous emparer du stylo tendu et signer.

Trump ne dira plus que Clinton est une « escroc », folle dingue, sujette à des moments d’absence, divers troubles physiques, des crises de « black-out », et incapable de gouverner. D’une part, il tente de le faire « établir », d’autre part, le fameux « read my lips » (lisez sur mes lèvres, « pas de nouvelles taxes » proclamait G. W. Bush, « It’s the economy, stupid », rétorquait Bill Clinton) lui est superflu : tous ses partisans savent à quoi s’en tenir.

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Le passé n’est pas vraiment le passé et les responsables républicains sont légion à considérer que le mal est fait. Non seulement Trump ne sera pas élu, mais ses électeurs déserteront les urnes, les indécis ou flottants voteront beaucoup moins pour les candidats républicains, les électeurs démocrates se mobiliseront davantage pour leur barrer la route. Résultante : la perte de la majorité au sénat, de postes de gouverneurs, de maires…

Pente savonneuse

« On ne sait quand il atteindra le fond », résume le sénateur (Républicain) de Caroline du Sud, craignant que Trump entraînera les candidats de son parti. Il risque de faire perdre les sièges sénatoriaux de Pennsylvanie, du New Hampshire et de Caroline du Nord, ont confié des responsables républicains au New York Times. La majorité au sénat ne tiendrait plus qu’à trois-quatre sièges (contre 30 à présent). Trump est devenu un boulet.

Trump a remanié la direction de son équipe de campagne, avec une homophobe anti-avortement, et Steve Bannon, un ultra-conservateur adepte des formules choc et enthousiaste cheerleader de Trump C'est le patron du groupe de presse Breitbart News.

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Déjà, Paul Manafort, mis sur la touche, était accusé d’avoir touché des pots de vin en Ukraine du temps du gouvernement pro-russe et même d’avoir co-organisé des manifestations anti-Otan en Crimée. Mais Bannon est rattrapé par diverses pénalités fiscales, une condamnation au civil sur plaintes de créditeurs lésés, alors que Trump ne cesse de proclamer son honnêteté et sa responsabilité. Alors que, lui, tout comme Hillary Clinton, ont ouvert chacun deux sociétés dans l’État du Delaware (défiscalisées et opaques) à la même adresse. Mais Trump a enregistré pas moins de 378 sociétés dans cet État peu regardant.

Outrances constantes

Trump regrette, dit la vérité, mais son premier spot télévisuel de campagne (coûtant 4,8 millions de dollars) fait grimper à 65 000 (contre 55 000 dans ses précédents discours) le nombre de réfugiés syriens qu’Hillary Clinton aurait (disait Trump) l’intention d’admettre aux États-Unis Une paille !

Ce que Trump ne dira plus frontalement sur Clinton, ce sera son fils, Eric (et d’autres), qui s’en chargera. Sur Fox News, interrogé sur Hillary, il se contente d’un sobre « nous n’avons pas besoin de tant de corruption ». Bien joué.

Élus et personnel politique républicain craignent que le système des « dépouilles » les évincera d’une future administration Trump au profit de cronies de ce dernier, inexpérimentés, voire ineptes, dangereux.  #Élections #Etats-Unis #Donald Trump