L’hypothèse n’a rien de farfelue. Déjà, le comité national du parti républicain avait subi une attaque sur ses serveurs, ce qui avait permis à #Donald Trump de se livrer à l’une de ses plaisanteries coutumières ("La Russie (…), j’espère que vous pourrez trouver les 30 000 courriels [d’Hillary Clinton]"). Mais le FBI vient de révéler que des intrusions dans les systèmes de vote électronique de quatre États fédéraux avaient été détectées. Pour deux d’entre eux, l’Arizona et l’Illinois, des détails ont été fournis et relatés par le Washington Post. Les intrusions, attribuées à des hackers agissant depuis la Russie, qu’il s’agisse d’électrons libres ou de membres des services de renseignement, ont été détectées en juin dernier sur le réseau de l’Arizona.

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Les hackers sont parvenus à trouver l’identité et le mot de passe d’un contrôleur électoral du comté de Gila. En Illinois, ce sont les autorités locales qui avaient détecté, en juillet, une attaque sur la base des électeurs inscrits, laquelle a permis d’accéder à une partie des enregistrements. Le FBI avait été immédiatement alerté. Le Washington Post n’a pu obtenir que lui soit communiqué quels sont les deux autres États ayant subi de telles attaques.

 

Fâcheux précédents

Tout le monde s’accorde pour estimer que les systèmes de vote électronique ne sont pas sûrs. En Floride, État dont le frère, Jed, de George W. Bush était le gouverneur, il avait fallu, en 2000, recompter les votes pour Al Gore et le futur président. À l’époque, il avait été estimé qu’entre quatre et six millions de bulletins s’étaient, en quelque sorte, évaporés.

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Un rapport de 2012 mettait encore en cause la sécurité des systèmes dans une vingtaine d’États. Il n’est pas du tout certain que des pirates puissent modifier les bulletins. En revanche, ils pourraient supprimer des noms dans les listes électorales, voire en créer de fictifs. Les experts en sécurité considèrent que cela pourrait remettre en cause les résultats des scrutins. Les systèmes utilisent certes d’autres réseaux que l’Internet (soit des intranets) mais leur pénétration n’est nullement exclue pour ceux des États dont les systèmes sont les moins efficacement protégés. L’Office de la cybersécurité et des communications étasunien et des experts d’entreprises privées doutent de l’étanchéité des systèmes. Pour certaines attaques, l’un des maillons détectés a été l’hébergeur King Servers qui a recours, pour son fonctionnement, à des technologies de maintenance d’origine russe.

 

Contestations multiples

Il semble difficile d’envisager que des votes en faveur de Donald Trump puissent bourrer les urnes électroniques ou que des votes pour Hillary Clinton soient supprimés ou changent d’affectation.

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Mais le doute subsistant, même en cas de fort différentiel entre les candidats, la ou le perdant pourrait multiplier les recours, exiger de nouveaux décomptes, et bloquer l’accession de sa ou son rival à la Maison Blanche. Mais si le pire n’est jamais sûr, il reste difficile de l’exclure tout à fait. C’est pourquoi le FBI et le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), chargé du contre-espionnage, prennent ces incidents très au sérieux. Donald Trump a déjà laissé entendre – et certains de ses soutiens encore plus ouvertement – que les élections pourraient être truquées. "Croyez moi, il faudra qu'on fasse gaffe le 8 novembre, car cette élection sera truquée", déclara-t-il sur Fox News, ajoutant "j'espère que les républicains seront vigilants, sinon la victoire nous sera dérobée". Il avait précédemment accusé son adversaire des primaires, Ted Cruz, d'avoir fait manipuler les bulletins dans l'Iowa et Wisconsin. Selon un institut de sondages, en 2012, 31 % des Étasuniens – lesquels sont particulièrement sensibles aux théories du complot – s'affirmaient confiants pour la fiabilité des dépouillements des votes. Les élections sont de la compétence des États, dirigés soit par des démocrates, soit par des républicains, avec des modes d'organisation différents selon les États. #Élections #Etats-Unis