Cinquième essai nucléaire nord-coréen, avec un vecteur dont l’estimation de sa puissance varie du simple au triple. Un total succès vu de Pyongyang qui pousse le bouchon jusqu’à revendiquer « le statut stratégique d’État doté d’#Armes nucléaires ». Le refuser « est aussi stupide que de tenter d’éclipser le soleil avec sa paume », a estimé le ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Le Conseil de sécurité des Nations unies applique déjà des #sanctions à la portée limitée. États-Unis, Japon et République de Corée étudient unilatéralement des sanctions accrues « ainsi que des mesures bilatérales et une possible action trilatérale », ont précisé les autorités étasuniennes.

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La coopération élargie se ferait dans le cadre des Nations unies. Mais que peut envisager cette triple-alliance ? Élargir la liste des compagnies et officiels nord-coréens personæ non gratæ sur leur sol et infréquentables en matière commerciale ? Interdire à leurs ressortissants de faire du tourisme à Pyongyang ? La seconde mesure est de faible portée, la première inefficace tant que la Chine persévère à enregistrer des firmes nord-coréennes en les laissant se faire passer pour des chinoises.

Coopération de la Chine

La seule mesure de rétorsion valable consiste à obtenir d’autres pays l’instauration d’embargos divers. Dans le cadre des Nations unies, cela suppose que la Chine n’use pas de son veto au Conseil de sécurité. Même un Donald Trump à la Maison Blanche ne saurait y parvenir si la Chine s’y refuse.

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La Chine a bien sûr condamné ce cinquième essai nucléaire. Une déploration non assortie d’engagements. Un secrétaire d’État chinois aux Affaires étrangères s’est contenté de sermonner l’ambassadeur nord-coréen en des termes convenus. Séoul a beau clamer que toute menace effective sera précédée d’une destruction de Pyongyang et qu’une unité spéciale est chargée d’éliminer les dirigeants nord-coréens. C’est martial, mais la seconde mesure préventive sera malaisée à mettre en œuvre. Quant à la première, raser la capitale voisine, elle restera longtemps différée. Fin juin dernier, après avoir émis des intentions en ce sens dès mars, la Chine a réitéré sa volonté d’influer sur son voisin oriental. Mais en 2013, elle s’était hâtée lentement, mettant sept mois (au lieu des trois requis) pour présenter un plan aux Nations unies. C’est dire à quel point la coopération de la Chine en matière de sanctions visant la #Corée du Nord est peu volontariste. D’ailleurs, quelques heures après que le test nucléaire avait été mené à moins de 75 km de sa frontière, la Chine s’est abstenue de réagir vivement : aucune chaîne de télévision chinoise n’a répercuté l’information.

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La seule source d’approvisionnement de Pyongyang en denrées alimentaires et carburants reste la Chine.

La Chine préfère le statu quo

Maintenir en place Kim Jung-un n’est pas un choix délibéré pris avec enthousiasme à Pékin. Couper l’approvisionnement en carburants ne fera pas fléchir Pyongyang : la crise économique engendrera ou non des troubles, qui seraient réprimés. Renverser le régime créerait un vide, peut-être un exode massif vers la Chine, difficile à endiguer, hâterait sans doute la réunification des deux Corées. Et dans ce dernier cas, une implantation de missiles américains au nord. Le Terminal High Altitude Area Defense System (Thaad) étasunien sera déployé en Corée du Sud l’an prochain. La Chine a protesté. Il ne s’agit pourtant que d’un système défensif anti-missiles. Washington et Séoul ne reculeront que si, et seulement si, Pyongyang renonce à son programme nucléaire. Mais le statu quo équivaut à une impasse.