Lors du débat de cette nuit (03:00, h de Paris) entre Hillary Clinton et #Donald Trump, les caméras ne fixeront pas que les candidats, mais aussi l’assistance. Les réactions des invité·e·s seront scrutées. Hillary, à la « gachette facile » selon Trump, a tiré la première. Ce n’est pas foutu, riposte The Donald. Hillary invite Mark (Cuban, un milliardaire archi-connu) ? D’ac’, je fais placer Gennifer (Flowers, ex-maîtresse de Bill Clinton) à ses côtés ! Illico, il fait savoir qu’il va l’inviter ; ravie, elle accepte : vous trouverez, sur Blasting News éd. US, son tweet illustré d’un baiser en émoticon.

Plus vicieux qu’il n’y paraît

Trump et Cuban se conspuent.

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Mark Cuban s’est montré féroce, Trump a répliqué vertement. Inviter Gennifer Flowers, c’est œil pour œil, dentition contre dent. Car Gennifer a eu une longue histoire, documentée, avec Bill Clinton. Déstabilisant pour Hillary. Ce n’est pas tout. Entre Gennifer et Hillary, la différence d’âge n’est que minime. Hillary, 69 ans en octobre prochain, n’est que de trois ans l’aînée de Gennifer. Sauf qu’il s’agit d’une ex-girl de Penthouse, rival de Play Boy, actrice occasionnelle, invitée par moult émissions. Sans machisme aucun – cela saute aussi aux yeux des femmes –, Gennifer éclipse un poil Hillary. Une Hillary que Trump déclare malade, fragile, à bout de souffle. But de la manœuvre : faire valoir ce contraste.

Revirement ?

Une info, un démenti, deux infos : l’adage se vérifiera-t-il ? Trump n’avait pas formellement invité Gennifer.

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Là, Mike Pence, vice-président pressenti d’un Trump élu, fait savoir que Trump et lui-même « ne s’attendent pas à la voir venir en qualité d’invitée de notre campagne ». Ce qui veut dire qu’une autre puissance invitante (les chaînes) pourraient lui faire une place ou que Trump, galant, se refuse à bousculer Hillary en lui rendant plus fort la monnaie de sa pièce (inviter Cuban). Même au troisième rang, elle attirera l’attention des preneurs d’images, mais The Donald aura fait preuve de courtoisie élémentaire eu égard à sa concurrente. Bien joué.

Sua Emittenza Trump

Berlusconi était surnommé il cavaliere (chevalier du Travail, il renonça à la distinction) mais aussi sua emittenza, jeu de mots sur éminence cardinalice et émission (de télévision, Berlusconi, patron de presse, se démultipliait sur les étranges lucarnes). Trump est plus que rôdé à l’audiovisuel : il a animé des émissions. Sarkozy a souvent été comparé à Berlusconi et récemment à Trump, non sans raisons. Tout comme Berlusconi, Trump se vante d’avoir les plus belles femmes autour de lui (et avec Gennifer et son tweet à bisou, il a réussi un autre coup de pub).

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Tout comme le chevalier d’industrie, il sort des vannes énormes. Pour Berlusconi, c’était une manière de rompre avec le passé guindé et politiquement correct des politiciens cravatés : il posait poitrail découvert ou en peignoir. On ne peut jamais sous-estimer la stupidité du public, disait Scott Adams et Barnum (patron de cirques et publicitaire) considérait qu’il n’y a pas de mauvaise publicité tant que le nom (d’un individu, d’une marque) est orthographié correctement. Trump, c’est l’anti-establishment – qui ose tirer contre son propre camp républicain –, le franc-parler, le rot verbal tonitruant ; il se déclare « sévèrement burné » aux sens premier et second. Faute d’être grossier à l’égard d’Hillary, il peut se rattraper avec la modératrice, Lester Holt, de NBC. Histoire de souligner qu’il a la presse contre lui (ce qui est faux-vrai, vrai-faux). Hillary et The Donald auront chacun 45 min. S’il évoque les maîtresses de Bill, Hillary rétorquera que ses deux divorces et l’effacement de son épouse, ainsi que ses remarques sexistes, ne plaident pas pour lui. Trump, sur Fox News, a averti : « si elle me montre du respect, ce sera réciproque ». Ce soir, ou cette nuit (selon les fuseaux horaires), il n’y aura pas que cent millions d’Américains à compter les coups et les points. #Etats-Unis