C’est une histoire de cornecul. Voilà des années que l’extrême-droite américaine insinue que le président Obama est un Kenyan musulman. Donald Trump ne veut certainement se la mettre à dos et jeudi, en entretien avec le Washington Post, il esquive la question : « je n’en parle plus depuis longtemps ». Car ce serait distraire l’attention à donner aux vrais problèmes, l’emploi, la défense, les anciens combattants, la sécurité nationale. Habile. Ses partisans peuvent combler le trou et considérer qu’il n’en pense pas moins, que ses doutes restent entiers.

La vérité sort de la bouche de Trump

Son équipe s’est sentie obligée de corriger.

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Ce serait en fait #Donald Trump qui, en 2011, a forcé l’administration à dévoiler le certificat de naissance du président, mettant fin aux fausses rumeurs. Bref, la vérité, rien que la vérité, sort toujours de la bouche de The Donald. Après Kellyanne Conway précédemment, c’est un autre porte-parole, Jason Miller, qui a lâché un communiqué, petit chef d’œuvre d’hypocrisie. Car quand Conwey avait abordé la question, Trump répliquait fin mai que le seul à dire vrai, ce n’est pas un collaborateur ou un autre, mais lui-même. Et si Donald Trump a été, en 2011, parmi tant d’autres, l’un de ceux ayant contribué à ce qu’Obama fasse le point sur son lieu de naissance, il a clairement mis en doute la version officielle. Début août 2012, il faisait état du témoignage anonyme d’une source « extrêmement fiable » : le certificat produit est un faux.

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Cela fit suite à divers tweets affirmant qu’Obama était bien né au Kenya, que les Internautes soutenant Trump avaient raison de croire que le certificat est un faux et en décembre 2013, il soutenait que le fonctionnaire ayant produit le document était la seule victime d’un accident d’avion : « Bizarre autant qu’étrange », commentait-il (How amazing). Depuis, il n’était plus revenu sur cet aspect criminel du « complot », mais persévèrait : pas question de se mettre à dos des électeurs, quels qu’ils soient. Mais, ce jour, il a dû faire marche arrière.

Descendant d’Allemands, marié à une Slovène

Les grands-parents de Trump résidaient à Kallstadt, village de la vallée du Rhin. C’est du bonheur pour les hôteliers du coin. Trump l’admet volontiers, et parodiant J.-F. Kennedy, il avait déclaré « Ich bin ein Kalstadter ». Ce en contradiction avec les dires de son père, Fred, qui situait le berceau de la famille à Karlstad (Suède). Ce qu’avait reproduit Donald dans une autobiographie. Placé devant l’évidence, parfois, pas toujours, il rectifie.

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Peut-être finira-t-il par dire qu’il n’est pas totalement, fondamentalement, opposé à toute forme d’avortement. L’actuel propriétaire de la maison familiale a placardé un avis : « ne sonnez que si vous voulez acheter cette maison ». Quant à Melania, la troisième madame Trump, ses origines sont bien connues : c’est sa possible condition d’immigrée clandestine qui est discutée. Elle avait changé son patronyme, Knavs, en Knauss. Hillary Clinton ne rentre pas dans ces détails, mais s’offusque que son adversaire alimente encore la rumeur sur la naissance d’Obama.

Plus c’est gros, plus c’est faiblement démenti

C’est celui qui le dit qui l’est : cela donne parfois le ton de la campagne. Même Trump Jr, Eric, s’est laissé aller à déclarer qu’Hillary Clinton était une fieffée menteuse. « Si les républicains faisaient cela [mentir autant], ils [les démocrates] chaufferaient tout de suite les chambres à gaz ». Eric Trump a admis sa maladresse. Selon le fils Trump, Hillary serait une création des médias, qui la poussent en avant, ne relèvent pas ses contradictions. Et Trump père, alors ? Qui lui a permis de remporter les primaires en s’attachant à ses basques car il sait faire du buzz ? La toute, toute dernière ? Trump admet enfin, ce vendredi, qu’Obama est né aux États-Unis. Mais les rumeurs, ce serait Hillary Clinton qui les aurait répandues dès 2008. C'est pas moi, c'est l'autre. Demain, plus tard, il démentira avoir réellement cru à son bobard. #Etats-Unis