Les petites poignées d’amour d’Alicia Machado valent désormais de grosses brassées de haine à #Donald Trump. « Miss Petite Cochonne », selon la délicate appréciation de Trump, n’est autre qu’une Vénézuélienne, ancienne Miss Univers 1996, devenue une Étasunienne de 39 ans. Non seulement elle votera pour #Hillary Clinton, mais les démocrates en ont fait un porte-drapeau. Elle n’est pas vraiment du tout devenue rondelette, son léger surpoids est fort bien réparti, mais Trump en a fait des tonnes… alors qu’il paye très peu de taxes et d’impôts fédéraux, et s’en vante…

Une machine à s’empiffrer

« Miss Bonniche », « Miss Piggy », « Machine à s’empiffrer », tels sont les surnoms que Trump donne à l’ex-impératrice de beauté. Un an après avoir remporté sa couronne, Trump l’avait exhibée dans un gymnase pour une émission de télé-réalité. Elle avait mis le public de son côté, fait la bise au Donald qui insista sur son appétit et estima qu’elle avait pris 19 à 20 kg en un an. Certes bien répartis, mais elle pouvait envier les silhouettes des dames Trump de l’époque. Ce gros balourd (il est très nettement en surpoids), lors du premier débat télévisé, est tombé dans le piège d’Hillary Clinton lui remémorant ses propos. Comme lorsqu’il lui fut demandé s’il était pro-russe, il en a rajouté. Le lendemain, sur Fox News, il récidivait : « elle a pris massivement du poids ». Cela semble dérisoire, mais toute la presse hispanophone et anglophone, aux États-Unis et ailleurs (le britannique Guardian en a fait de multiples paragraphes, reproduit le commentaire Instagram de la dame venant d’obtenir la nationalité, « Miss Housekeeping and Miss Piggy can vote » - Hillary Clinton), et l’électorat féminin dans presque tout son ensemble, hormis peut-être Melania et Ivanka Trump, fronce les sourcils. Il faut aussi comprendre que, pour les latino-américains, les concours de beauté revêtent autant d’importance que la grande finale de baseball pour leurs compatriotes, que l’ex-Miss a des centaines de milliers d’aficionados car elle est devenue actrice, chanteuse, et animatrice à la télévision. Elle avait, l’an dernier l’un des deux rôles phares de la telenovela L’Impardonable. Prémonitoire…

Trop futé pour être honnête

Les démocrates ont mobilisé des sommes énormes pour diffuser de la publicité électorale sur le thème « trop futé pour être honnête ». Trump s’est vanté à diverses reprises de régler le moins possible de taxes et impôts fédéraux. Tous les Nord-Américains tentent de réduire leur imposition mais si Trump ne veut pas dévoiler ce qu’il paye, c’est sans doute parce qu’il ne paye rien ou des cacahuètes (peanuts). Il se vante d’être « un malin », et de payer le moins possible car le budget américain est selon lui gaspillé. Mais comme il achète aussi des juges avec les dons de sa fondation, cela fait beaucoup.

Boule de suif

Dans son Boule de suif, Guy de Maupassant faisait d’une prostituée plus que gironde une héroïne et dénonçait la bassesse et l’hypocrisie de la bourgeoisie. Les démocrates ont trouvé leur « boule de suif », à cela près qu’elle est attirante et très populaire. L’écho donné aux propos de Trump se démultiplie. Elle est partout. Fox News l’a réinvitée, Joe Scarborough, l’animateur de Morning Joe, qui ne cache pas son hostilité envers Trump, l’émission Today de la NBC a embrayé, Telemundo bombarde Trump par vagues successives, &c. Cela paraît trivial, mais marque un réel tournant de la campagne à moins de 40 jours de l’élection. Car cela prend une autre ampleur. Trump interrompait fréquemment Hillary Clinton lors du débat ? Toutes les femmes vivent cela titre le Boston Globe. Tous les propos machistes des porte-parole de Trump emplissent les ondes, les pages, les écrans. Genre Hillary est une witch with a capital B (une sorcière, une salope, bitch). Les sondages à présent donnent Clinton quatre points devant Trump (les deux autres candidats restant stables). L’effet boule de… neige, ou suif, comme on voudra. Trump roule mais n'amasse plus mousse. #Etats-Unis