L'iconographie de la politique africaine laisse voir que les élections sur le continent ne sont pas comme les autres scrutins dans le reste du monde. En effet, les élections africaines ont toujours une singularité qui les rendent différentes des autres, faisant d'elles des élections insolites.

L'inscription sur les listes électorales

Dans les autres pays du monde, l'inscription sur les listes électorales est évidente et simple car les critères retenus sont connus de tous : avoir la nationalité, être majeur, jouir de ses droits civiques, etc. En #Afrique au contraire, c'est toute une histoire. Chacun veut être inscrit sur la liste électorale dès lors qu'il est présent sur le territoire national.

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Son âge, sa nationalité et sa citoyenneté ne l'intéresse pas. Et quand bien même il serait frappé de la sanction de privation de droits civiques, il n'en a cure. D'ailleurs, qui le sait pour le lui rappeler ?

Bref, dès l'instant où, il est demandé de s'inscrire sur la liste électorale, c'est tout le monde qui s'y précipite. D'ailleurs, sur un continent où, plusieurs n'ont pas d'état civil, ni aucune pièce d'identité, que faut-il vérifier et comment ? Donc, c'est tout le monde qui se sent concerné par l'inscription sur les listes électorales en Afrique.

Le dépôt de candidatures et le bond du nationalisme

En Afrique, l'ambiance qui prévaut lors du dépôt de candidatures n'est pas à négliger car cette phase du processus électoral est un indicateur fiable de l'ambiance. Ainsi, si on assiste à une ambiance paisible, sur toute l'étendue du territoire, au moment du dépôt des candidatures, cela augure d'une heureuse issue du processus électoral.

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En cas d'ambiance délétère pendant la phase de dépôt de candidatures, il faut redouter le pire lors de l'annonce des résultats.

En effet, c'est lors du dépôt des candidatures que la fibre nationaliste prend son envol. Il est alors question d'identifier parmi les candidats les nationaux et les étrangers. Or, au sein des quartiers généraux des partis politiques même, des querelles intenses ont lieu sur le choix des candidats. En définitive, de la distinction entre les nationaux et les étrangers, à la lutte interne aux partis politiques pour la désignation des candidats, le débat qui fait rage plante le décor de l'ambiance qui prévaudra après la proclamation des résultats.

La campagne électorale, la démonstration de force et le vote

Arrive la campagne électorale où, c'est la démonstration de force. Le mercure monte d'un cran. On tombe dans le délit de sale gueule avec les insultes, les injures et les menaces. En même temps, on met en place des stratégies, des astuces pour contrer l'adversaire :

- le bourrage des urnes,

- les méthodes de contestations au cas où, le résultat attendu serait inversé.

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C'est à ce niveau qu'on adopte les différentes modalités de contestation des résultats comme par exemple se proclamer vainqueur dès la fermeture des bureaux de votes, avant même que l'organe chargé de la politique électorale ne donne les résultats officiels. A ce niveau aussi, se mettent en place le recrutement des combattants (généralement des jeunes), les plans d'affrontements physiques et l'identification des lieux de cachette des armements si on en a.

L'annonce des résultats : de l'arène politique à l'arène des gladiateurs façon tauromachie...

Les heures qui suivent la proclamation des résultats électoraux riment avec le chaos en Afrique.

Pleurs, révoltes, affrontements physiques et armés, pugilats, bagarre généralisée entre partisans et opposants, casse, confusion, incendies de lieux publics symboliques, affrontements entre électeurs déçus et forces de l'ordre, arrestations, emprisonnements, etc.

L'impression que tout cela donne, c'est comme dans l'arène des gladiateurs dans la Rome antique ou alors l'atmosphère au cours de la corrida, de la tauromachie.

On aurait pu en rire. Sauf qu'il y a morts d'hommes et de femmes, les jeunes faisant toujours partie des nombreuses victimes. #Élections #Démocratie