Les événements récents décrivent une situation chaotique au cours de laquelle l’opposition au Président manifeste dans les rues de Kinshasa, car cette opposition ne veut pas du glissement démocratique du calendrier électoral voulu par le Président #Kabila dont la fin de mandat arrive au mois de décembre 2016.

 

La constitution de la RDC limite à deux mandats la possibilité donnée à chaque Président en exercice de se représenter. Le Président Kabila estime que cette limitation est inacceptable et, sans le dire, il procède à ce que j’appelle le glissement démocratique du calendrier électoral. Un dialogue national a été instauré à Kinshasa sans la participation des grands ténors de l’opposition comme Etienne Tshisekedi. Des candidats de l’opposition plus intrigants, comme Vital Kamerhe autrefois partenaire de Kabila, ont participé au dialogue national. De ce dialogue il ressort que le gouvernement dit ne pas être prêt pour organiser des élections après la fin du mandat de Kabila. Plusieurs raisons sont avancées : l’absence de moyens financiers, le défaut d’enregistrement sur les listes électorales des nouveaux électeurs (surtout les jeunes). Le gouvernement préfère donc un glissement du calendrier afin d’organiser des élections en 2018. Pour l’opposition ce glissement de calendrier est inacceptable car Kabila souhaite gagner du temps afin de modifier la constitution et de se présenter pour un nouveau mandat qui ne serait pas le troisième, mais le premier en fonction de la nouvelle constitution. Nous sommes donc dans un cas d’école qui consiste à faire apparaitre le déroulement de la démocratie en #Afrique comme la mise en place d’une exception.

 

Les principes démocratiques sont universels et, assez paradoxalement, les pays africains mettent en place des comportements politiques qui leur sont propres (passage en force lors des élections pour le vaincu quand il est aux affaires, trucage des élections, surestimation des votants, procès-verbaux non conformes, re comptage ou non des voix en fonction des préoccupations économiques recherchées par la communauté internationale en fonction  du pays dans lequel se déroule l’élection, commission électorale nationale aux ordres du pouvoir, achat des consciences, etc.). La situation politique actuelle en RDC est préoccupante. La plupart des pays africains ne sont pas mûrs démocratiquement. Jacques Chirac l’avait dit en son temps et tous les intellectuels africains et les bonnes âmes lui sont tombés dessus. Quelques années plus tard le Président Chirac a eu raison. S’il était en bonne santé (souhaitons que son hospitalisation actuelle à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris soit de courte durée et le maintienne encore en vie pour de nombreuses années), il aurait pu dire qu’il avait raison.

 

La question de la démocratie est posée en RDC et à travers tous les pays africains. Au-delà de la célèbre phrase de Obama qui pointait des structures fortes pour l’Afrique aux dépends des hommes forts, force est de reconnaître que ce sont les hommes forts qui prévalent et qui dominent la scène africaine, surtout celle de l’Afrique centrale. Les Etats Unis et la France demandent et souhaitent que la liberté d’expression et le droit de manifester soient préservés à Kinshasa, malheureusement les jours à venir risquent d’être difficiles pour cet Etat immense que constitue la RDC. Il faut craindre des règlements de compte, des assassinats politiques et l’effondrement d’un Etat très fragile et dont la plupart des dirigeants, majorité et opposition, n’ont ni programme, ni stratégie, ni vision à long terme pour que le vivre-ensemble tant chanté dans la plupart des pays africains soit possible. #République Démocratique du Congo