D’abord, les dates des débats allaient l’empêcher de suivre des rencontres sportives importantes, ensuite, débattre seulement avec #Hillary Clinton serait injuste envers les deux autres candidats… À présent, #Donald Trump ne veut plus de journaliste modérateur. Cela devient maladif.

Débat le 26 prochain

Le premier débat télévisé devant opposer Trump et Clinton se tiendra le 26 prochain. Il devrait être soumis à des règles consensuelles fixées par les très grandes chaînes étasuniennes. Si Trump veut d’autres dates, débattre avec le libertarien Gary Johnson, l’écologiste Jill Stein, les seuls autres survivants en liste, il peut s’entendre avec Clinton, et choisir une petite chaîne nord-américaine ou étrangère (russe, mexicaine ?). En fait, seuls les candidats dépassant 15 % d’intentions dans un panel de sondages sont qualifiés, mais aucun équivalent du CSA français fixe des règles intangibles. Le problème de la présence d’un journaliste modérateur est qu’il ne répartit pas seulement le temps de parole, calme le jeu, mais intervient en cas d’inexactitude flagrante. Dernier exemple en date : Trump ne s’est pas initialement opposé à l’invasion de l’Irak, mais le journaliste Matt Lauer, de NBC, ne l’a pas rappelé lors de sa plus récente intervention, et tous ses confrères ont critiqué vivement. « Laissez Hillary et moi s’asseoir et débattre (…) Tout le monde a dit qu’il [Lauer] m’avait ménagé (…) son successeur va tenter de me déstabiliser très fort juste pour marquer un point ». Pierre Mendès France avait inauguré la « causerie au coin du feu » (au sens imagé) radiophonique, puis Valéry Giscard d’Estaing reprit la formule, télévisuelle (au sens propre, près de l’âtre). Mais il s’agissait d’allocutions. Trump n’a guère de chance d’infléchir les dispositifs. Ce n’est pas la première fois qu’il fait allusion aux qualités ou défauts des journalistes déjà désignés par les chaînes pour mener les débats (ce sera Lester Holt, de NBC, le 26, qui ouvrira la série). Lester Holt aurait été choisi par NBC car il a obtenu l’aval de Trump… Pour le troisième et dernier débat (19 oct.), sur Fox News (qui mène ouvertement campagne pour Trump), ce sera Chris Wallace, un compère. Il laisse donc penser qu’il redoute les deux modérateurs du débat intermédiaire, une journaliste d’ABC et un de CNN (le 9 oct.). Huit grandes chaînes retransmettent les débats, diffusés aussi par de multiples sites. Ou tout simplement, il prépare le terrain, prêt à mettre en cause la presse de « l’establishment » en cas de dérapage lui étant défavorable.  

Coups bas ?

Pour le moment, Trump ne s’en prend pas à la santé de Clinton. Il lui a sobrement souhaité un prompt rétablissement, et s’interdirait de revenir sur le sujet. Mais Sarah Palin, égérie du mouvement Tea Party, sur le mode du déni (laissez tranquille Hillary, c’est sexiste, machiste, méchants-méchants, eh-eh-eh) ne s’est pas privée de commenter froidement le coup de chaud de Clinton, puis, toujours sur Facebook, d’affirmer que le diagnostic de pneumonie était un mensonge éhonté. Elle colle aux arguments de Trump (« les modérateurs ne doivent pas intervenir, les médias s’insinuer dans les débats »), et elle n’est guère la seule. On peut s’attendre à divers coups bas – de part et d'autre – lors de ces débats, mais aussi en amont, histoire de préchauffer l’auditorat… Beaucoup aléatoire : que Clinton jette l'éponge et que soit son rival aux primaires, Bernie Sanders, ou son coéquipier (futur vice-président putatif), Time Kaine, la remplace au pied levé. En tout cas, si la santé d'Hillary restera un sujet semi-tabou, l'histoire de ses courriels sur les serveurs de son ministère lui colle encore au train. Hier encore, Vox disséquait de nouveau les épisodes par le menu, et Trump ne cesse d'y faire allusion. Valide ou pas, elle serait un danger pour la sécurité des États-Unis.  #Etats-Unis