#Donald Trump, avant même d’entrer en campagne, a été portraituré par divers artistes. Normal, il est riche, et la tentation de lui en placer un se conçoit. Et puis, il y a des portraits de commande, ou pour lesquels il a posé, et « le » portrait du « mécène » Trump qui lui coûtera des voix et ne lui a pas coûté son prix, 20 000 $ (18 000 € en 2007). Même Obama y a fait allusion…

Charité bien ordonnée…

C’est le Washington Post qui a déterré cette vieille histoire et toute la presse étasunienne a embrayé. Au départ, on n’y comprend rien. Les Trump (Melania et The Donald) sont chez eux, à Mar-a-Lago, en Floride, fin novembre 2007, et ils louent ou prêtent leur somptueuse demeure à un œuvre de bienfaisance, The Children’s Place at Home Safe (pour les enfants en détresse). Parmi l’assistance, le peintre Michael Israel. Un ultra-rapide, un hyper-véloce. En cinq-six minutes, il vous fait un portrait de 1,82 m de hauteur. Il a peint Paula Creamer, une joueuse de golf, et The Donald. On met aux enchères. Creamer veut acquérir le portrait de Trump, mais se couche devant l’offre de Melania Trump, à 10 000 $. Pas vraiment pingre, mais comme c’est pour la bonne cause, après un regard discret vers son mari, elle double la mise. Parfait. Ensuite, et c’est bien leur droit, semble-t-il, Melania demande un cadre, et que l’œuvre soit expédiée au Trump National Golf Club situé près de New York. Pourquoi pas ? Mais, les ch’tits enfants ne vont pas recevoir un chèque de Melania ou de Donald. Le chèque de la JP Morgan Chase Bank est émis par The Donald J. Trump Foundation, Inc., autre société caritative qui sert surtout aux Trump à se faire mousser. Bref, le président de la fondation, c’est The Donald, qui tape dans la caisse, pour s’offrir sa bobine et la montrer à ses clients. Le Post reproduit un fac-similé du chèque. C’était dimanche dernier, et depuis, le fisc s’en mêle, et Obama, mardi, compare la fondation des Clinton et celle des Trump. Un Trump qui « se sert des dons reçus pour s’acheter un portrait de lui ». Puis déclare au fisc qu’il ne s’est pas servi de sa fondation pour favoriser quiconque de la dite, ni lui-même, ni une ou un associé, employé, &c.

Généreux, oui, en paroles

Déjà, cela fait jaser, mais le Post a aussi contacté 250 œuvres charitables présumées bénéficiaires des largesses personnelles du Donald… Car il se vante, alors que ses sociétés sont criblées de dettes, d’avoir dispensé des millions de dollars au profit de la recherche médicale, de l’aide à l’enfance, d’académies savantes (genre Historical Society of Palm Beach), de musées, des scouts, des autistes, &c. Parfois, oui, la Fondation Trump a consenti des dons. Comme pour le musée du 11 septembre (2001, commémorant les 3 000 morts des attentats aériens). Mais soit la Croix Rouge ou d’autres s’empressent de ne pas répondre, soit rien n’a été reçu de Trump en personne, qui s'est vanté de l’avoir fait. Ou alors, comme dans le cas de la fondation de son fils, Eric, il n’y a plus de traces comptables. Parfois, il promet publiquement des dons, puis oublie. Si on lui rappelle très fortement sa promesse, par voie de presse, là, il consent (un million pour une association du Corps des Marines. Mais en 2009, il consent quand même un don pour un club de sport de la police de New York. Bref, c'est un fieffé menteur. La seule largesse oubliée dans la liste est connue : la contribution à la campagne de réélection d'une procureure de Floride... qui a su renvoyer l'ascenseur (abandon des poursuites contre la Trump University). Fortune et d'autres titres le rappellent en arrière-plan de l'affaire du tableau. Le procureur général de l'État de New-York, déjà chargé de l'affaire de la prétendue université, a ouvert une enquête. Donald Trump ne commente pas l'affaire, mais plaide pour mieux payer les congés de maternité, ou menace Ford de taxer à 35 % « toute voiture fabriquée hors des USA ». Et commence, contrairement à sa promesse, de se moquer de la santé d'Hillary Clinton.. #Hillary Clinton #Etats-Unis