« Nous serons un [seul] peuple, guidés par un [seul] Dieu, saluant un [unique] drapeau américain. ». Telle pourrait être adaptée la phrase de conclusion de #Donald Trump s’exprimant à Philadelphie, hier soir. Il avait débuté par évoquer l’adage si vis pacem para bellum : « la paix via la force ». Et s’être vanté de demander, dès son élection, qu’on lui présente un plan pour éliminer Daesh « sous trente jours ». Par la suite, place à la diplomatie d’abord, soit ne pas faire comme Hillary Clinton qui a privilégié les interventions agressives au Moyen-Orient (car « elle est [mentalement] instable » et « incapable d’être notre Commandant en chef »).

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Ambitieux programme de réarmement

Il a axé toute son intervention sur la Défense, le renforcement et la modernisation des trois armes et du renseignement, et le réarmement généralisé. Sans trop s’étendre sur le budget que cela impliquerait, il a proposé :

  • une armée de 540 000 militaires ;
  • un corps des Marines de 36 bataillons ;
  • une marine de 350 navires de surfaces et sous-marins ;
  • une aviation dotée de 1 200 chasseurs ;
  • un système modernisé de missiles ;
  • un système rénové de cyberdéfense.

À chaque fois qu’il passait à un nouveau point, il ne manquait de chiffrer les différences avec l’existant qu’Obama aurait affaibli, « dégradé », négligé, laissé devenir obsolète. Et pratiquement, comme un leitmotiv, constamment, il a insisté : « cela signifiera du travail pour le pays ».

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L’effort sera conjoint aux 50 États et il impliquera des retombées en termes d’emploi pour chaque État, « à travers tous les États-Unis ». Du travail pour les meilleurs et les plus talentueux des jeunes Américains qui trouveront à s’employer dans le domaine des hautes technologies, a-t-il aussi promis. Il n’a bien sûr pas manqué de faire une allusion appuyée aux failles de la cybersécurité : « c’est sans doute la seule chose que nous ayons appris d’Hillary Clinton. ».

 

Plus crédible ?

Ce discours, aux objectifs peut-être exagérés, n’a pas été trop ponctué d’outrances trop poussées. Sinon celles-ci : « nous n’avons jamais été si vulnérables à des attaques par missiles » (sans doute une allusion à la Corée du Nord relativisant la crise des missiles de Cuba) et « nos anciens combattants sont plus mal traités que des migrants dans l’illégalité ». Il a constamment fait vibrer la fibre patriotique en promettant que les militaires « qui nous protègent et auxquels nous devons tant (…) notre dette est éternelle », et leurs familles, bénéficieront d’une meilleure couverture médicale, de meilleures conditions de vie, &c.

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L’insistance sur la dette à l’égard des anciens combattants visait à estomper de précédentes gaffes du candidat. Souvent accusé de se montrer méprisant à l’égard des minorités non-caucasiennes, et de flatter l’électorat masculin blanc, il martelé que son élection permettra de reconstruire l’unité de la nation, une société cohérente, rassemblée, aimant son drapeau. Bref, des États-Unis redevenus forts, sécurisés, « plus grands que jamais ». Pour parvenir à concrétiser le slogan « un peuple, un dieu, un drapeau » peut-être faut-il comprendre qu’il faut un guide (messianique ?), et un seul, dont il se donne la stature pour l’incarner. Son programme sur les capacités de défense (qui évoque, sans s’y référer, le fumeux mais psychologiquement efficace projet de « Guerre des étoiles » de Ronald Reagan), peut-être un peu trop ambitieux pour être réaliste, a cependant paru moins fumeux que son plan de réduction, voire d’éradication de l’immigration. Les tout prochains sondages indiqueront s'il a convaincu au-delà du déjà très large cercle de ses plus chauds partisans. #Élections #Etats-Unis