Selon #Jean Ping, « c’est moi », et « le monde entier » le reconnaîtrait président légitime du #Gabon. Quitte à risquer la vie de ses partisans lambda, qui continueraient à manifester et se faire éliminer, Jean Ping persiste à exiger un recomptage bureau par bureau et s’affirme « président élu ». Il suffit donc de rétablir « la vérité des urnes » pour que la paix revienne au Gabon. Pas si sûr.

Vers un compromis entre Ali Bongo et Jean Ping ?

L’ennui est qu’#Ali Bongo peut arguer que la loi électorale ne prévoit pas ce cas de figure. Le président sortant et reconduit joue-t-il la montre ? Soit une issue convenable pour sa personne et son clan ? Difficile de l’augurer, mais il a fait relâcher des proches de Jean Ping et des leaders de l’opposition.

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Ce, après que le siège de campagne de son adversaire a été dévasté, et des présents blessés.

Les libérés, un ancien vice-président et deux ex-ministres, se sont rendus directement au domicile de Jean Ping. Ce qui laisse penser qu’ils estiment qu’Ali Bongo est lâché par la France, avec l’assentiment de divers pays, dont bien sûr, les États-Unis, alors même qu’ils étaient encerclés par les forces de sécurité. La France aurait influé auprès des Nations unies, pour qu’ils puissent se déplacer librement, hier soir.

Le temps n’est plus où un Lumumba (Congo belge) était assassiné, que Mobutu faisait dissoudre son corps dans l’acide, et que tous les pays occidentaux acceptaient que Tshombe soit évincé par Mobutu. La France a peut-être facilité dernièrement l’exfiltration du Burkinabé Blaise Compaoré, assassin de son prédécesseur Thomas Sankara, mais n’a rien fait pour le maintenir au pouvoir.

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Libreville, la capitale du Gabon, est quadrillée par des hélicoptères et des milices. Ali Bongo, fils du précédent président, décédé après 42 ans à la tête de l’État, sait que François Hollande ne voudra pas être accusé d’ingérence. Mais qu’il ne peut non plus laisser de nouvelles attaques être menées contre le consulat ou les sièges d’entreprises françaises (Schlumberger, Total, autres), comme lors de l’élection du fils Bongo en 2009. À l’époque, nombre de Gabonais considéraient que Sarkozy avait laissé la famille Bongo truquer le scrutin.

Jean-Marc Ayrault se borne à s’inquiéter du « risque humanitaire » et assure garder le contact tant avec la présidence qu’avec l’opposition. Mais la France semble se prononcer en faveur d’un recomptage. Auquel ses observateurs participeraient… ou non, avec toute l’attention requise.

Des émeutes se sont produites hier dans les principales villes des provinces, comme Lambaréné, mais Port-Gentil, capitale économique, serait redevenue calme.

Les expatriés au Gabon pour la prudence

Le résultat du scrutin a été serré, Ali Bongo ayant, selon la commission électorale, remporté 49,80 % des suffrages (contre 43,28).

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En fait, les expatriés français sur place (environ 13 000) ne souhaitent pas une prise de position clarifiée. Pour la plupart, Jean Ping, ex-ministre de Bongo père, ou Ali Bongo, c’est « blanc bonnet et bonnet blanc ». L’issue, incertaine, ne semble guère non plus passionner les autres chefs d’États africains, qui, que ce soit l’un ou l’autre qui l’emporte, souhaitent surtout que la situation ne s’envenime pas et que le Gabon ne soit pas la source d’un exode… limité, puisque le pays compte moins de deux millions d’habitants. Bref, quoi qu’en proclame Jean Ping, au fond, le reste du monde s’en lave les mains.