Un débat, non un face-à-face, a opposé Hillary Clinton et Donald Trump sur la politique étrangère et celle de Défense. Ils répondaient tour à tour aux questions, ce après qu’ils aient tenu des meetings sur ces questions. Trump, mouché, a préféré depuis développer le thème de « l’héritage chrétien ». Trump veut un plan élaboré et appliqué en 30 jours pour éradiquer Daesh. Il le demande à des demeurés et incapables qui, jusqu’à présent, se tournaient les pouces à l’état-major. Le plan est connu : attaquer Mossoul et Raqqa, les places fortes du califat, sans trop créer de pertes irakiennes ou kurdes. Cela sera peut-être fait à mi-novembre, et le reste suivra, ou pas.

Ambitions réelles de Donald Trump ?

Et si Trump, battu, ambitionnait surtout d’ouvrir des hôtels et golfs (voire des casinos) sur le sol russe ? Hillary Clinton, jeudi dernier, a évoqué son « antipatriotisme », soutenu que les experts en sécurité sont sidérés, et que ses appels du pied à Vladimir Poutine, qu’il préférerait à Obama, sont « insultants ».  Trump s’est borné à dire que le dernier essai nucléaire nord-coréen était « un énorme échec de plus » à porter au débit d’une Hillary Clinton « qui a échoué ». Jeudi dernier aussi, il accordait un entretien à la chaîne RT America, succursale de la presse russe. C’est un pendant de Sputnik France, du Courrier de #Russie, &c., et bien sûr de RT en français, qui avait repris un entretien entre Trump et Larry King (émission Politicking), de RT America. Pour ce second entretien avec King (non encore traduit), Trump s’est focalisé sur les médias étasuniens. Ils sont malhonnêtes, sucrent, découpent, ses propos, « ou les allongent ou font on ne sait quoi avec ». Les « allonger » (lengthen), ardu, sauf à reprendre des propos antérieurs confrontés avec de plus récents. « C’est d’une malhonnêteté faramineuse », a-t-il dit trois fois. Il a aussi estimé qu’il n’avait guère besoin que l’état-major lui soumette un plan d’action. Car il en dispose déjà d’un « très limpide ». Que ne l’a-t-il exposé à Philadelphie, après s’être excusé de dévoiler aux puissances étrangères l’extrême faiblesse du dispositif défensif américain, obsolète, détraqué par l’administration Obama ! En Irak, « une fois dedans, Larry, nous n’aurions pas dû en sortir comme nous l’avons fait (…) Comme ils l’ont fait en partant, ce fut la cause de Daech ». Entre ce « nous » qui n’inclut ni lui, ni ses enfants, et ce « ils » désignant Clinton-Obama, et quelques généraux quand même, il y a « comme un hiatus » dont Trump est coutumier.

Les Russes n’ont pas piraté les USA

Après avoir affirmé (et même les féliciter) que les pirates informatiques russes s’étaient introduits dans le système de la campagne des démocrates, The Donald les dédouane. « Ce sont les démocrates qui montent cette histoire. Qui sait ? Cela me semble très improbable. ». Une maille à l’endroit, une maille à l’envers : comment détricoter la prose de Trump ? Si jamais des Russes l’avaient fait, ce serait « inapproprié ». Il n’a aucune lumière sur cette affaire de piratage. Vénielle lacune de la part du détenteur d’un plan d’éradication rapide du califat. C'est vrai, on ne peut être partout, sur tous les fronts. Déjà, son ex-directeur de campagne, Paul Manafort, fricotait avec l’ancien gouvernement ukrainien pro-russe. Le général de brigade en retraite Michael Flynn, l’un des plus proches collaborateurs de Trump, s’était commis sur RT, assis près de Vladimir Poutine. Pour lui, interrogé par le Washington Post, il n’y a pas l’ombre d’un papier de cigarette entre RT, CNN ou MSNBC. C’est très vrai sur les faits divers, la télé réalité, l’actualité heureuse. Un des derniers titres de RT en français ? « Le Top 10 des mensonges occidentaux sur le conflit syrien ». En gros, la majorité des Syriens adorent Bachar al-Assad, le pacifique et conciliant président, les chiites et les sunnites s’embrassent comme à Foleville, les rebelles sont tous des terroristes. Fermez le ban. C'est bien l'amour entre Donald et Vladimir. #Élections #Etats-Unis