Whitehall n’a toujours pas de plan précis après le référendum sur le Brexit du 23 Juin dernier. C’est manifeste dans le domaine du contrôle des immigrants. Theresa May a considéré que le système dit autrichien, qui consiste à évaluer la maîtrise de l’allemand, le niveau d’études, les qualifications des migrants, était inefficace. Certes, mais ce dispositif, dit "à points" (ou PBS) avait été réclamé par l’Ukip et des conservateurs, dont Boris Johnson et elle ne sait (ou ne veut ?) indiquer aucune alternative. Pour une Première ministre, ayant été près de sept ans ministre de l’Intérieur, cela surprend. Attendrait-elle que Nicolas Sarkozy, au profil similaire, dévoile ce qu’il envisage sur la question ?

Le problème du #Royaume-Uni est complexe. La plupart de ses universités ne pourraient plus fonctionner sans les droits versés par les étudiants étrangers, son système hospitalier ne peut renvoyer des praticiens ou infirmiers, et hormis envisager d'expulser des allogènes délinquants (donc de se retirer de la Cour européenne), la voie est étroite. L’Autriche délivre deux types de titres de séjour. La carte rouge-blanc-rouge (couleurs nationales) est réservée aux spécialistes hautement qualifiés ou aux travailleurs de secteurs déficitaires en main d’œuvre. Ils peuvent provenir de tous pays. La carte bleue (couleur de l’U.-E.) est réservée aux équivalents bac+3 présentant des garanties de revenus, de logement, d’assurance maladie. Divers critères (ou points), cumulés, facilitent la délivrance. Ce n’est pas opposable aux ressortissants de l’UE.

Peu efficace, mais quoi d'autre ?

Forte de son expérience, elle a cité le cas d’étudiants parvenus à obtenir un visa d’études, parlant mal ou fort peu l’anglais, et ne sachant trop où s’inscrire. De plus, c’est l’évidence, traquer des "touristes" s’attardant au Royaume-Uni ne paraît simple que sur le papier (sauf en transitant par l’Irlande, les contrôles d’identité permettent de garder trace de la date d’entrée sur le sol britannique). Il est cependant faux d’énoncer, comme elle l’a fait "qu’un système à points signifie que des gens arrivent automatiquement s’ils satisfont aux critères minimaux". En témoigne, par exemple, pour la France, son réseau international Campus France, quasiment incontournable. Le British Council est plus coulant, le site Education UK précise "il n’y aura pas de changements immédiats à la suite du référendum". Oui, mais s’il ne se produit rien ? Boris Johnson s’est abstenu de commenter, mais l’Ukip et divers conservateurs ont réagi : alors quid ? Peut-être des permis de travail enregistrés par les ambassades ou consulats, identiques, pour les ressortissants de l’U.-E., à ceux délivrés aux autres étrangers. Permettant d’expulser les non-qualifiés ? De mettre en place des quotas par pays ? Theresa May promet d’expulser les personnes en situation irrégulière. Ni la Première ministre, ni son porte-parole, n’ont spécifié comment. Des consultations interministérielles sur la question seraient "fréquentes" et "soutenues". À quels propos, sur quelles mesures ?

Donnant-donnant

Downing Street ne veut pas non plus se prononcer sur la question de la contribution au budget européen, pour ne pas éventer la nature de ses arguments. Ni même s’engager sur le budget du système de santé (qui fut un argument crucial des partisans de la sortie de l’Union : cesser de contribuer permettrait de dégager les fonds pour le remettre sur pied). Le ministre de l’Économie italien, Carlo Calenda, a clairement indiqué que ce sera donnant-donnant : "plus la présence des ressortissants européens sera limitée au Royaume-Uni, davantage nous limiterons la présence des biens et services britanniques en Europe". #Immigration