#Jean Ping, candidat malheureux à l’élection présidentielle gabonaise estime qu’on lui a volé sa victoire et que le véritable vainqueur n’est pas #Ali Bongo, mais bien lui Jean Ping. Sûr de son bon droit et de sa victoire, Bongo accuse Ping de tricherie et demande à son adversaire de respecter la loi en s’adressant à la Cour constitutionnelle de la République gabonaise.

 Longtemps hésitant, car il estime que la Cour constitutionnelle dirigée par la belle-mère par alliance de Ali Bongo est forcément partisane. Largement conseillé par les chancelleries occidentales et la France dont le soutien aux deux candidats est ambigu.

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Comme d’habitude on attendait un choix clair de la France en faveur de l’un ou de l’autre candidat (comme c'est souvent le cas en Afrique centrale). Le verdict sera celui de la Cour constitutionnelle gabonaise dont l’avènement date de la conférence nationale gabonaise de mars/avril 1990.

  Dans le système judiciaire gabonais, la Cour constitutionnelle  est composée de 9 membres, nommés par le Président de la République, le Président du Sénat et le Président de l’Assemblée nationale. Chacun des trois responsables de la République nomme trois membres. Le Président de la Cour constitutionnelle est nommé par le Président de la République or, il se dit ici et là que la Présidente actuelle de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, est à son poste depuis de nombreuses années et elle y reste par les faits du Prince, ce qui aurait pour effet de limiter l’arbitrage impartial et les décisions que la Cour constitutionnelle pourrait rendre dans le dossier Ping/Bongo.

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Il faut espérer que cette impartialité soit la règle et la Cour constitutionnelle, qui a 15 jours pour trancher, le fasse en s’appuyant sur le droit et rien que le droit, sans faire intervenir d’autres critères que ceux d’instruire l’affaire sur une base équitable.

 Il y aura la phase d’instruction et viendra ensuite la session publique au cours de laquelle l’opposition et la majorité pourront faire des observations avant les réquisitions du Ministère public, la mise en délibéré et le verdict final. L’opposition et la majorité devront remettre à la Cour constitutionnelle les procès-verbaux des bureaux dont les résultats sont contestés, même si ceux du Haut-Ogooué, fief natal du Congo, constituent l’objet le plus important du litige. On attend aussi que le Président Bongo dépose des preuves de procès-verbaux qui désignent la tricherie de Ping car, sur une radio française, RTL, il avait accusé Jean Ping d’avoir lui-même fraudé.

 

Selon des informations diffusées par RFI (Radio France Internationale), il se pourrait que Ali Bongo choisisse de ne pas déposer de recours, c’est une attitude étonnante et qui peut laisser la porte ouverte à plusieurs interprétations, dont celle qui consisterait à dire que s’il ne le fait pas, c’est parce qu’il est sûr de son bon droit, celui d’avoir gagné les élections, ou encore parce qu’il pense que les conseillers de la Cour constitutionnelle lui donneront raison dans tous les cas de figure.

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La vie politique gabonaise va être suspendue pendant 15 jours en attendant le verdict, ce qui limite pour l’instant une mission de bon office demandée par son Président en exercice, Idriss Déby Président du Tchad.

 

La voie pacifique, celle de la Cour constitutionnelle doit être saluée et son verdict final devra être respecté. Il revient aux acteurs de la crise politique gabonaise d’être responsables, patriotes et d’accepter les décisions de la Cour constitutionnelle au nom du peuple gabonais. Il reste à la Cour constitutionnelle de faire son travail, de façon transparente et crédible. C’est à ce prix que le respect de la règle de droit, utile pour la constitution d’un Etat de droit, commencera à sédimenter les principes démocratiques dont l’Afrique centrale a bien besoin. Que fera Ping si la décision lui est défavorable, car il pense avoir gagné l’élection de manière légitime ? #Gabon